Quelques jours après l’entrée en vigueur de la mesure interdisant la circulation des tricycles, communément appelés Bajaj, dans le centre-ville de Butembo, au Nord-Kivu, plusieurs habitants dénoncent les difficultés de déplacement auxquelles ils sont désormais confrontés.

    Les usagers déplorent notamment les longues distances à parcourir à pied entre leurs lieux de travail ou de commerce et les nouveaux points de stationnement des Bajaj, ainsi que l’augmentation des dépenses liées au transport.

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    Parmi les personnes affectées, des commerçantes affirment que la mesure complique leurs activités quotidiennes. Tout en reconnaissant les raisons pouvant justifier la restriction, elles demandent aux autorités d’aménager des solutions permettant de faciliter les déplacements.

    Des commerçantes confrontées à de longs trajets

    Solange, commerçante à Butembo, explique que les Bajaj constituaient pour elle un moyen de transport accessible, notamment grâce à leur coût relativement abordable.

    « Moi, j’ai déjà beaucoup regretté à cause du trajet. Sortir d’ici, où j’effectue mon commerce, jusqu’à l’endroit où les Bajaj stationnent, c’est un long trajet à pied. Ces Bajaj nous aidaient beaucoup, car nous n’avons pas tous la possibilité de payer les motos. Avec 500 francs congolais, nous arrivions à la maison à l’aide d’un Bajaj, peu importe l’endroit. Qu’on puisse nous aider à trouver un endroit plus proche où les Bajaj peuvent stationner pour nous faciliter le trajet », plaide-t-elle.

    Pour cette commerçante, l’enjeu n’est pas nécessairement de remettre en cause la mesure, mais de rapprocher les points de stationnement des zones fréquentées par la population.

    Entre Chamboho et Ndando, les coûts de transport augmentent

    Kavugho Safi, également commerçante, souligne pour sa part les difficultés rencontrées par les habitants de Chamboho et Ndando depuis l’application de la nouvelle organisation.

    Elle explique que les Bajaj lui permettaient de rejoindre son domicile à un coût qu’elle jugeait accessible.

    « Les Bajaj nous aident beaucoup. Nous sommes de Chamboho, et d’autres viennent de Ndando. Je paie 1.000 francs congolais d’ici jusqu’à Njiya Panda, puis 2.000 francs de Njiya Panda jusqu’à Chamboho. Cela m’aide beaucoup. Mais quand on interdit les Bajaj, qu’est-ce qu’on veut que nous fassions ? Qu’on nous remette nos Bajaj ici à Kaundura. S’il est dit qu’il y a trop d’embouteillages à Kaundura, qu’on cherche un quartier proche où les Bajaj pourront stationner pour nous faciliter le trajet. Nous sommes même prêtes à descendre jusqu’à la mairie pour faire entendre notre voix », déclare-t-elle.

    La population demande des points de stationnement adaptés

    À travers ces témoignages, les usagers demandent aux autorités urbaines d’envisager des points de stationnement plus proches des quartiers desservis, afin de réduire les distances à pied et les dépenses supplémentaires imposées par la nouvelle organisation du transport.

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    Pour plusieurs habitants, les tricycles constituent un moyen de déplacement important, particulièrement pour les personnes disposant de ressources limitées et qui ne peuvent pas recourir régulièrement aux motos-taxis.

    La population appelle ainsi les autorités compétentes à réexaminer les modalités d’application de la mesure, en recherchant un équilibre entre la fluidité de la circulation au centre-ville de Butembo et les besoins quotidiens des usagers.

    Christelle Omoyi

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