Malgré les restrictions sanitaires imposées à la frontière entre Goma et le Rwanda dans le cadre de la lutte contre l’épidémie de maladie à virus Ebola, les petits commerçants de la capitale du Nord-Kivu continuent de s’adapter pour maintenir leurs activités. Alors que les grands opérateurs économiques sont fortement affectés, le commerce de proximité fait preuve d’une résilience remarquable grâce à des stratégies alternatives d’approvisionnement.
Depuis un mois, la fermeture de la frontière entre Goma et le Rwanda a considérablement ralenti les activités des grands réseaux de distribution. Cependant, le constat effectué par un reporter de La Prunelle RDC dans plusieurs marchés, notamment celui de Birere, montre que les échanges commerciaux de petite envergure se poursuivent malgré les contraintes.
Pour ces commerçants, les restrictions frontalières n’ont pas mis fin aux échanges avec leurs partenaires rwandais. Ils ont plutôt adapté leurs méthodes de travail afin d’assurer la continuité de leurs activités.
« Cette fermeture n’entrave pas notre activité. Nous maintenons une coopération étroite avec nos partenaires rwandais. Nous traitons désormais par téléphone : nous transférons les fonds, nos homologues achètent la marchandise et la font transiter vers nous », explique un vendeur rencontré au marché de Birere.
Selon plusieurs commerçants, cette nouvelle organisation présente même certains avantages économiques.
« Nous dépensons moins en frais de transport qu’auparavant, et les prix de vente aux consommateurs finaux restent stables », confie un autre opérateur économique.
Si les mesures prises par les autorités répondent à des impératifs de santé publique, elles se heurtent à la réalité d’une économie de subsistance fortement intégrée entre les populations des deux côtés de la frontière.
Les denrées alimentaires, les épices ainsi que plusieurs produits manufacturés continuent ainsi de circuler à travers différents circuits d’approvisionnement, permettant aux ménages de maintenir leur niveau de consommation.
Pour les petits commerçants, cette capacité d’adaptation constitue un véritable mécanisme de survie. En développant leurs propres réseaux d’approvisionnement, ils parviennent à assurer la disponibilité des produits sur les marchés et à préserver les moyens de subsistance de nombreuses familles.
Au-delà des contraintes imposées par la fermeture de la frontière, le dynamisme du petit commerce témoigne ainsi de la résilience des acteurs économiques locaux face aux crises sanitaires et aux tensions régionales.
