Dans un contexte marqué par les tensions sociales et la circulation rapide des informations sur les réseaux sociaux, le Club Deutsche Welle RDC asbl a organisé ce mardi 19 mai à Goma un atelier de renforcement des capacités destiné aux étudiants afin de les sensibiliser à la lutte contre les discours de haine et à la promotion de la cohésion sociale.

Organisée à l’occasion de la Journée internationale du vivre-ensemble en paix, cette activité a réuni une soixantaine d’étudiants dans la salle Sai-Sai, située dans le quartier Kyeshero. Les échanges ont porté sur la responsabilité numérique, la prévention des discours haineux et le rôle de la jeunesse dans la consolidation de la paix dans l’Est de la République démocratique du Congo.

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Pour Éric Migabo, coordonnateur national du Club DW RDC asbl, le choix des étudiants répond à la volonté de préparer une génération capable d’influencer positivement la société.

« Les étudiants constituent le socle de demain. Ils sont en contact permanent avec la communauté et peuvent multiplier, à travers leurs interactions, les connaissances acquises ici afin de contribuer à l’avènement d’une paix effective dans l’Est de la RDC », a-t-il déclaré.

Au cours des différentes interventions, les participants ont été sensibilisés aux distinctions entre désinformation, mésinformation et malinformation, des notions jugées essentielles dans un contexte marqué par la propagation rapide des contenus numériques.

Plusieurs étudiants ont reconnu avoir pris conscience de leur responsabilité dans la diffusion des informations sur Internet.

« Je me suis engagée à contrôler mes paroles et mes réactions, surtout sur les réseaux sociaux. Je ne partagerai plus de messages haineux. Il est important de collaborer également avec les générations plus âgées pour garantir une meilleure cohésion sociale », a affirmé Amanda Mukengere, participante à l’atelier.

De son côté, Ngizwe Kimoy, étudiant en master de droit public à l’Université de Goma, estime que l’esprit critique constitue une arme importante contre les discours de haine.

« La plupart des discours de haine passent facilement faute de recul critique. Désormais, je vais systématiquement analyser la véracité, l’auteur et l’intention d’une information avant de la partager. Se demander si l’on contribue à la haine ou à la paix est devenu un réflexe », a-t-il expliqué.

Les organisateurs rappellent toutefois que la lutte contre les discours de haine nécessite un engagement de longue durée et des actions continues au sein de la communauté.

Intervenant au cours de l’atelier, Moïse Cira a insisté sur la complexité de ces problématiques tout en appelant à des mécanismes plus fermes contre les comportements qui menacent le vivre-ensemble.

« Ces thématiques sont complexes. Il ne s’agit pas d’un simple atelier, mais d’un véritable processus. La paix n’a pas de prix et la violence ne paie pas. Il est temps que les mécanismes nationaux et internationaux sévissent contre ces comportements nocifs au vivre-ensemble », a-t-il déclaré.

Afin de pérenniser cette dynamique, le Club DW RDC asbl prévoit la création de noyaux de clubs universitaires au sein de différentes institutions d’enseignement supérieur de la ville de Goma.

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Les échanges, marqués par une forte interactivité, ont permis aux étudiants de partager leurs expériences et leurs préoccupations face à la montée des discours de haine dans les espaces publics et numériques.

À travers cette initiative, le Club DW RDC asbl entend encourager la jeunesse de Goma à privilégier l’intelligence collective, le dialogue et la responsabilité citoyenne comme outils de promotion de la paix et de la cohésion sociale.

Joseph Aciza

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