Une vingtaine de députés provinciaux du Sud-Kivu ont adressé, le 14 mai 2026 depuis Uvira, une correspondance au président de l’Assemblée provinciale pour dénoncer ce qu’ils qualifient de « réorientation non conforme à la mission initiale » autour du dossier de la motion visant le Gouverneur Jean-Jacques Purusi.
Dans cette lettre transmise également au Vice-Premier ministre de l’Intérieur ainsi qu’aux membres du bureau de l’Assemblée provinciale en mission à Kinshasa, les élus disent suivre « avec regret » plusieurs rencontres et contacts initiés autour d’un supposé « acte d’engagement » alors que les responsables provinciaux avaient été conviés à Kinshasa à la suite de la motion de censure déposée contre le gouverneur Purusi et son gouvernement.
Les signataires rappellent que cette motion est liée à des accusations de « mauvaise gestion et détournement » dénoncées, selon eux, tant par une majorité de députés provinciaux que par une partie de la population du Sud-Kivu.
Selon ces élus, certains proches du gouverneur ainsi que des cadres de son parti auraient entrepris des démarches auprès de notables du Sud-Kivu vivant à Kinshasa afin d’obtenir la signature d’un « acte d’engagement » destiné, selon eux, à contourner les mécanismes prévus par la Constitution et les lois sur la gestion des provinces.
« La Province du Sud-Kivu ne peut pas être régie par un acte dit d’engagement au détriment de la Constitution et des lois de la République », écrivent-ils.
Les députés dénoncent une tentative de détourner l’attention des autorités nationales, notamment celle du Président de la République et du Vice-Premier ministre de l’Intérieur, à travers ce qu’ils considèrent comme une « réconciliation teintée d’hypocrisie ».
Dans leur correspondance, les élus provinciaux formulent plusieurs mises en garde à l’endroit du bureau de l’Assemblée provinciale.
Ils estiment notamment que si cet « acte d’engagement » venait à être signé, il n’engagerait ni les députés provinciaux ni la population du Sud-Kivu.
« Le vrai mobile de l’acte d’engagement que l’on veut vous faire signer est en réalité de faire tomber votre bureau », préviennent-ils.
Les signataires appellent également le président de l’Assemblée provinciale à éviter, selon leurs termes, « le jeu de Monsieur Purusi », qu’ils accusent de vouloir opposer le bureau aux autres députés.
Ils exhortent en outre les responsables de l’Assemblée à rester concentrés sur leur mission parlementaire, notamment l’examen de la motion déposée contre le gouverneur avant la clôture de la session de mars.
Dans cette même lettre, les élus suggèrent également qu’une démission du gouverneur Purusi pourrait être envisagée « au regard des circonstances actuelles », estimant que ce dernier ne manifesterait « aucune volonté de changer ».
Les députés disent toutefois croire en « la sagesse démocratique » du Vice-Premier ministre de l’Intérieur, rappelant qu’un exercice parlementaire ne devrait pas être bloqué.
La correspondance est signée par plusieurs députés provinciaux issus notamment des territoires de Kalehe, Uvira, Walungu, Fizi, Shabunda, Kabare et Mwenga.
