Les villages de Bushushu, Nyamukubi et Lushebere, dans le groupement de Mbinga Sud, territoire de Kalehe au Sud-Kivu, accueillent depuis la fin du mois d’août et le début du mois de septembre 2026 un important nombre de personnes déplacées fuyant les affrontements dans les hauts plateaux de Kalehe, particulièrement dans la zone de Ziralo. La Société civile, Forces vives, antenne de Bushushu appelle les autorités et les organisations humanitaires à intervenir en urgence

Selon Mugisho Safari, président de la Société civile, Forces vives, antenne de Bushushu, ces populations ont fui les violences liées aux affrontements opposant l’AFC-M23 aux Wazalendo et aux FARDC dans la région de Ziralo.

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Les déplacés affluent notamment dans les aires de santé de Bushushu, Nyamukubi et Lushebere, situées dans la zone de santé de Kalehe. Mais leur arrivée massive exerce une pression supplémentaire sur des communautés locales déjà confrontées à de nombreuses difficultés.

« Ces victimes de déplacements ne cessent de pleurer face à ce qu’elles sont en train de traverser. Elles ont perdu presque tous les biens nécessaires à leur survie », alerte Mugisho Safari.

Des familles sans vivres, sans abris ni biens de première nécessité

Les personnes déplacées arrivent dans les villages d’accueil après avoir parcouru de longues distances, souvent sans vivres, sans objets ménagers et avec très peu de moyens pour assurer leur survie, selon la Société civile de Bushushu.

Les besoins les plus urgents concernent notamment l’alimentation, les abris et les articles ménagers essentiels.

La question de l’accueil devient également préoccupante dans les villages et les aires de santé qui reçoivent ces familles. La population locale, déjà vulnérable, peine à répondre aux besoins croissants des nouveaux arrivants.

« La population locale est dépassée par la situation », insiste la Société civile, qui appelle les organisations humanitaires et les personnes de bonne volonté à venir en aide aux victimes de la guerre.

La rentrée scolaire complique davantage la situation des familles déplacées

Cette nouvelle vague de déplacements intervient également au début de l’année scolaire 2026-2027, une période particulièrement difficile pour les familles ayant fui leurs villages.

De nombreux enfants déplacés se retrouvent sans fournitures scolaires, notamment sans cahiers ni stylos, alors que leurs parents sont déjà confrontés au manque de nourriture et aux difficultés de survie.

Pour la Société civile de Bushushu, une assistance urgente est nécessaire afin de permettre à ces enfants de poursuivre leur scolarité et d’éviter qu’ils ne soient davantage affectés par les conséquences du conflit.

Une population locale déjà fragilisée depuis plusieurs mois

La situation est d’autant plus préoccupante que Bushushu et ses environs ne font pas face à ces difficultés pour la première fois.

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Selon Mugisho Safari, la population locale est confrontée à une situation socio-économique difficile depuis plusieurs mois. Depuis avril 2025, de nombreuses familles n’ont pas pu exercer normalement leurs activités agricoles, pourtant essentielles à leur survie dans cette entité où l’agriculture constitue l’une des principales sources de subsistance.

La perte des récoltes et des biens des ménages, combinée aux conséquences de l’insécurité et aux déplacements successifs, a davantage fragilisé l’économie des familles.

« Ce n’est pas seulement aujourd’hui que le village de Bushushu accueille des personnes déplacées. Depuis le début de cette année, la population continue d’accueillir des victimes des violences », souligne la Société civile.

Un appel aux autorités et aux humanitaires

Face à cette situation, la Société civile, Forces vives, antenne de Bushushu, demande aux autorités congolaises de renforcer la protection des populations civiles affectées par les affrontements.

Elle appelle également les organisations humanitaires à intervenir rapidement en faveur des familles déplacées et des communautés d’accueil, particulièrement en matière d’alimentation, d’abris, d’articles ménagers et d’assistance scolaire.

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La structure citoyenne demande enfin au gouvernement congolais de rechercher une solution durable à la crise sécuritaire qui continue de provoquer des déplacements massifs de populations dans plusieurs zones du territoire de Kalehe.

« La vie des citoyens reste en danger et ces populations ne savent plus comment vivre dans des conditions normales », alerte Mugisho Safari.

Alors que les affrontements dans les hauts plateaux de Kalehe continuent de provoquer de nouveaux mouvements de population, les villages de Bushushu, Nyamukubi et Lushebere font désormais face à une urgence humanitaire croissante. La Société civile appelle à une mobilisation rapide afin d’éviter une aggravation des conditions de vie des familles déplacées et de leurs communautés d’accueil.

Christelle Omoyi

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