La rentrée scolaire 2026-2027 a été effective ce lundi 1er septembre 2026 dans plusieurs écoles maternelles, primaires et secondaires du groupement d’Irhambi-Katana, en territoire de Kabare, au Sud-Kivu.
Si certains établissements ont enregistré la présence d’élèves dès cette première journée, d’autres font face à un sous-effectif. Les inquiétudes liées à la situation sécuritaire et le manque de fournitures scolaires figurent parmi les principales difficultés évoquées par les parents, les élèves et les responsables des écoles.
Sur place, un reporter de La Prunelle RDC a effectué une ronde dans plusieurs établissements scolaires. De Kahungu au centre commercial de Katana et ses environs, jusqu’à Mwanda, plusieurs institutions publiques et privées ont rouvert leurs portes pour accueillir anciens et nouveaux apprenants.
Le corps enseignant a également répondu présent dans les différents établissements afin d’assurer la reprise des activités scolaires.
Mais dès ce premier jour, les difficultés auxquelles sont confrontés les établissements scolaires, les parents et les élèves mettent en évidence les nombreux efforts qui devront être consentis pour assurer le bon déroulement de cette année scolaire.
Un sous-effectif constaté dans certaines écoles
À l’Institut Katana-Centre, seuls 84 nouveaux élèves avaient été inscrits lors de la rentrée, dont 43 garçons et 41 filles.
Pour Akilimali Bagula Séraphin, représentant des enseignants, il faudra attendre encore quelques jours avant de connaître l’effectif réel de l’établissement, plusieurs élèves venant fraîchement des écoles primaires n’ayant pas encore rejoint l’école.
« L’effectif est en baisse parce qu’on ne s’attendait pas à ce petit nombre. Il y a certains parents qui ne sont pas encore prêts avec les fournitures scolaires. Il y a eu également des rumeurs qui circulaient sur les réseaux sociaux comme quoi il n’y aurait pas de rentrée aujourd’hui, alors que la rentrée est effective sur toute l’étendue du pays », explique-t-il.
Il espère que les parents qui n’ont pas envoyé leurs enfants à l’école dès le premier jour feront le nécessaire afin qu’ils rejoignent les classes dans les meilleurs délais.
Élève en quatrième année scientifique, Furaha Mulevu Irène souhaite, pour sa part, que la situation sécuritaire ne se détériore pas davantage dans le groupement afin de lui permettre d’atteindre ses objectifs scolaires.
« Nos parents éprouvent d’énormes difficultés. Quand ils veulent acheter pour nous les cahiers, ils n’ont pas d’argent. Il y a la guerre aussi. Malgré tout, nous allons étudier et voir si nous décrocherons nos diplômes », explique-t-elle.
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Des écoles touchées par les conséquences des affrontements
À l’Institut Cigoma-Kabamba, Socrate Musaraza, révérend-préfet de l’établissement, se réjouit de la présence de plusieurs nouveaux élèves. Il déplore toutefois les dégâts causés à certaines infrastructures de l’école pendant les grandes vacances.
Selon lui, plusieurs tôles de l’établissement ont été endommagées par des balles perdues.
« Les toitures ont été remplacées avec des moyens de bord, mais pas toutes, parce qu’il y a eu des balles perdues qui ont troué nos tôles. Ce que nous avons fait pour les réparer n’est pas suffisant », souligne-t-il.
Le responsable éducatif indique également que certains enfants n’ont pas encore rejoint l’école parce qu’ils auraient fui les zones affectées par les affrontements. Certaines familles auraient déplacé leurs enfants vers des endroits jugés plus sécurisés, notamment par crainte des conséquences de l’insécurité.
« Nous sommes dans une situation difficile. Les parents avaient emmené leurs enfants dans des lieux jugés sécurisés. Nous attendons qu’ils arrivent suivre aussi les cours », déclare Socrate Musaraza.
Des inscriptions qui se poursuivent à Katana-Centre
À l’École primaire Katana-Centre, plusieurs parents ont profité de cette première journée de rentrée pour inscrire leurs enfants.
À la maternelle Nyama W’obonjo comme au niveau primaire, de nombreux parents se sont présentés accompagnés de leurs enfants pour accomplir les formalités d’inscription.
Les enseignants doivent toutefois faire face aux difficultés habituelles liées à l’accueil des nouveaux apprenants, particulièrement ceux de la maternelle. Certains enfants quittent spontanément leurs salles de classe, provoquant parfois une certaine agitation dans la cour de l’école.
Les éducateurs restent néanmoins mobilisés pour accompagner ces nouveaux élèves. Malgré les pleurs et les comportements liés à la séparation avec le milieu familial, les enseignants veillent à leur adaptation progressive à leur nouvel environnement scolaire et les accompagnent dans leurs différents besoins.
La paix, une condition essentielle pour une année scolaire sereine
Dans le groupement d’Irhambi-Katana, la rentrée scolaire débute dans un climat relativement calme au niveau du centre commercial de Katana.
Cependant, à plusieurs kilomètres de là, notamment vers Maziba et dans les zones situées autour du parc national de Kahuzi-Biega, des affrontements ont été signalés ces dernières semaines.
Cette situation a poussé plusieurs ménages à quitter leurs habitations, avec des conséquences directes sur la scolarisation des enfants.
Les responsables des établissements scolaires espèrent un retour durable de la paix afin de permettre aux familles de retrouver leurs activités habituelles, notamment l’accès aux champs, qui constituent pour de nombreux ménages l’une des principales sources de revenus destinés à assurer la scolarisation des enfants.
Entre résilience, sous-effectif dans certains établissements et inquiétudes persistantes liées à l’insécurité, le groupement d’Irhambi-Katana a ainsi entamé la nouvelle année scolaire 2026-2027 dans un contexte particulier, marqué par de nombreuses difficultés socio-économiques auxquelles font face les familles.
