L’Observatoire de la dépense publique (ODEP) salue l’annonce d’un dialogue inclusif fondé sur la participation populaire, faite par le président de la République Félix Tshisekedi. L’organisation met toutefois en garde contre l’exclusion de certaines parties prenantes à la crise, notamment l’AFC-M23, estimant qu’un dialogue ne peut être véritablement inclusif en laissant de côté des acteurs directement impliqués dans le conflit.

Dans un communiqué dont une copie est parvenue à La Prunelle RDC ce lundi 1er septembre 2026, l’ODEP appelle le Chef de l’État à « mettre de l’eau dans son vin » afin de garantir la crédibilité et l’efficacité du processus annoncé.

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L’organisation indique avoir pris connaissance du récent discours du président Félix Tshisekedi consacré aux principaux enjeux auxquels fait face la République démocratique du Congo.

Selon Florimond Muteba, responsable de l’ODEP, l’orientation vers un dialogue populaire rejoint les principes défendus par son organisation depuis plusieurs années.

L’ODEP estime que cette annonce constitue une étape encourageante. Toutefois, elle souligne que l’initiative ne prendra tout son sens que si elle débouche sur un processus crédible, indépendant, inclusif et réellement participatif.

L’organisation insiste notamment sur la nécessité de permettre au peuple congolais de participer véritablement à l’élaboration des conclusions du dialogue, plutôt que d’être simplement appelé à approuver des décisions déjà établies.

Un processus participatif partant des 145 territoires

Dans son communiqué, l’ODEP rappelle les limites de plusieurs dialogues organisés par le passé en République démocratique du Congo.

Selon l’organisation, l’insuffisante implication des populations à la base a souvent réduit la portée et l’efficacité des résolutions issues de ces différents processus.

C’est dans ce contexte qu’elle réitère sa proposition d’un dialogue participatif et ascendant, déjà formulée lors de l’atelier stratégique des organisations de la société civile consacré à la paix et à la gouvernance, organisé du 10 au 12 juin 2025.

« La démarche proposée consiste à donner d’abord la parole aux populations dans les 145 territoires, avant de consolider leurs contributions au niveau des 26 provinces, puis au niveau national », peut-on lire dans le communiqué.

Pour l’ODEP, cette approche permettrait de construire un véritable dialogue national à partir des préoccupations et des aspirations exprimées directement par les populations.

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L’ODEP s’interroge sur l’exclusion de l’AFC-M23

L’organisation s’interroge également sur l’exclusion de certaines forces directement impliquées dans la crise actuelle, notamment l’AFC-M23, alors que des discussions sont déjà engagées avec le gouvernement congolais dans le cadre du processus de Doha.

« On ne peut prétendre rechercher une solution à une crise tout en écartant du processus certains de ceux qui y sont directement impliqués. Participer à un dialogue ne signifie pas être absous de ses actes, ni bénéficier d’une quelconque légitimation politique », insiste l’ODEP.

L’organisation estime ainsi que la participation à un dialogue ne devrait pas être interprétée comme une récompense ou une reconnaissance politique des groupes impliqués dans la crise.

L’ODEP rappelle par ailleurs qu’aucun Congolais ne peut s’arroger le droit de décider qui est Congolais et qui ne l’est pas.

Selon elle, la reconstruction de l’unité nationale exige de dépasser les divisions et de privilégier des mécanismes susceptibles de favoriser la paix et la cohésion nationale.

« Lorsque la réponse militaire ne suffit pas à elle seule, le dialogue devient une nécessité pragmatique pour préserver des vies humaines », relève l’organisation.

L’ODEP précise toutefois condamner fermement le recours aux armes et à la rébellion comme moyen de conquête du pouvoir.

Elle plaide également pour la mise en place d’une armée nationale républicaine, professionnelle et forte, capable d’assurer durablement la défense du territoire et la sécurité des populations.

Pour l’organisation, l’ouverture d’un dialogue ne constitue donc ni une caution ni une récompense accordée à la rébellion.

Un dialogue au-dessus des intérêts partisans

Enfin, l’ODEP prévient que le futur dialogue national doit rester au-dessus des intérêts politiques et partisans.

« Il ne doit être ni un instrument au service du pouvoir, ni une tribune destinée à l’opposition, mais un cadre où toutes les composantes de la Nation se parlent avec pour seule ambition la paix et la cohésion nationale », conclut le communiqué.

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À travers cette prise de position, l’Observatoire de la dépense publique appelle ainsi à un processus qu’il souhaite largement participatif, construit à partir des territoires et ouvert aux différentes composantes concernées par la crise, avec pour objectif affiché de contribuer à la recherche d’une paix durable en République démocratique du Congo.

Suzanne Baleke

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