Comment renforcer durablement la participation et le leadership des acteurs locaux, nationaux et internationaux dans la réponse humanitaire ? C’est autour de cette question que des organisations et institutions se sont réunies les 24 et 25 août à Bukavu, dans le cadre d’un atelier d’apprentissage organisé par CAFOD à travers le projet Espace Local.
Le projet cherche notamment à développer une solution reproductible et évolutive fondée sur la complémentarité et le partage des capacités entre les acteurs locaux et nationaux et les acteurs internationaux.
La rencontre, organisée à l’Hôtel Horizon, a réuni des organisations locales, nationales et internationales ainsi que des institutions académiques. Elle avait notamment pour objectif de présenter, discuter et valider un modèle de renforcement des capacités institutionnelles pouvant être reproduit au-delà du projet.
Mis en œuvre en Ituri, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, Espace Local vise à renforcer la participation et l’engagement des acteurs locaux dans le cycle de la réponse humanitaire.
Pour Yves Ngunzi Kahashi, chargé de suivi, évaluation et apprentissage à CAFOD, l’atelier constitue une étape importante dans la validation de ce modèle.
« Nous sommes ici pour valider un modèle reproductible et évolutif basé sur les réseaux et la complémentarité des acteurs locaux, nationaux et internationaux. »
Le modèle repose notamment sur le renforcement des capacités institutionnelles, le réseautage, le coaching, le mentorat et une plus grande implication des acteurs locaux dans les espaces de décision.
L’ambition est de faire en sorte que les acquis du projet puissent continuer à être utilisés après sa période de mise en œuvre.
« C’est un petit financement, mais avec de grands impacts, parce qu’il a permis de créer un modèle qui peut aller au-delà du projet et même au-delà de sa période de mise en œuvre », souligne Yves Ngunzi Kahashi.
Les acteurs locaux au cœur de la réponse
Pour Joëlla Sambo, coordinatrice de Prospérité Afrika et bénéficiaire du projet, la localisation de l’aide humanitaire nécessite une implication effective des organisations à base communautaire.
Selon elle, ces organisations connaissent les réalités locales et sont proches des communautés. Elles doivent donc être associées non seulement à la mise en œuvre des interventions, mais aussi aux consultations et aux processus de décision.
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« Les organisations à base communautaire connaissent le terrain. Elles doivent être impliquées à la base pour que les interventions arrivent réellement aux communautés. »
Cette participation doit toutefois être accompagnée d’un renforcement de leurs capacités en matière de gouvernance, d’organisation et d’expertise technique.
L’approche vise ainsi à mettre en complémentarité les différentes ressources disponibles : la connaissance du contexte des acteurs locaux, les capacités institutionnelles des organisations nationales et l’expertise et les ressources des acteurs internationaux.
Des compétences qui se transmettent
Le projet Espace Local entend également créer un effet multiplicateur à travers le transfert des compétences.
Prospérité Afrika a notamment bénéficié d’une formation en coaching et mentorat qui a permis à certains de ses membres d’être certifiés.
« Je suis coach-mentor certifiée. C’est un atout que j’ai commencé à utiliser depuis la formation. Jusqu’aujourd’hui, je coache et j’accompagne d’autres organisations », témoigne Joëlla Sambo.
Son organisation envisage désormais de mettre en place une académie de coaching et de mentorat afin de poursuivre cet accompagnement.
Cette expérience illustre l’un des principes du modèle : une organisation renforcée peut à son tour renforcer d’autres acteurs.
De Goma à Bunia, tirer les leçons de l’expérience
Selon Grégoire Kambale, consultant indépendant chargé de cette étude, il s’agit notamment d’analyser la cohérence, l’efficacité et la capacité de reproduction des modèles développés dans ces trois villes.
« Le savoir, nous le construisons ensemble. Il n’y a pas un acteur qui a plus de savoir qu’un autre. Nous sommes tous acteurs de la réponse humanitaire, nous nous renforçons mutuellement et nous réfléchissons ensemble. »
La diversité des participants a ainsi permis de favoriser le partage d’expériences et le réseautage.
Après 18 mois de mise en œuvre, le projet Espace Local entend désormais laisser un acquis durable : un modèle fondé sur la complémentarité, le partage des capacités et la mise en réseau.
L’enjeu est de transformer l’apprentissage collectif en une approche pouvant être adaptée, reproduite et utilisée par d’autres acteurs, afin de contribuer à une réponse humanitaire plus inclusive, plus efficace et davantage portée par les acteurs locaux.
