À Goma, au Nord-Kivu, la crise économique continue de peser lourdement sur les activités de transport en commun. Les chauffeurs de taxis et de bus affirment enregistrer une baisse importante de leurs revenus, qu’ils attribuent notamment à la diminution du pouvoir d’achat de la population et à la multiplication des moyens de transport dans la ville.
Interrogé par La Prunelle RDC, Mulago Chance, chauffeur de taxi, explique que les effets de la guerre et de la crise économique ont considérablement réduit le nombre de clients.
« Les passagers n’ont plus assez d’argent. Beaucoup préfèrent économiser pour répondre aux besoins de leurs familles. Avant, une courte course coûtait 1.000 francs congolais, mais aujourd’hui nous sommes souvent obligés de la faire à 500 francs. Si vous maintenez le prix à 1.000 francs, le client ira vers un autre chauffeur qui acceptera 500 francs », témoigne-t-il.
Selon lui, cette baisse des tarifs est également liée à l’augmentation du nombre de taxis en circulation. Face à une concurrence de plus en plus forte, les conducteurs adaptent leurs prix aux capacités financières des passagers afin de continuer à exercer leur activité.
Mulago Chance affirme que le métier ne permet plus, comme auparavant, de constituer une épargne ou d’investir dans d’autres activités génératrices de revenus.
Désormais, explique-t-il, les recettes quotidiennes servent essentiellement à couvrir les dépenses de première nécessité des ménages.
De son côté, Kadiri Moïse, chauffeur de bus, indique que les transporteurs en commun font également face à une baisse de fréquentation.
Selon lui, la forte présence des tricycles motorisés, devenus très populaires dans la ville, contribue à détourner une partie importante de la clientèle.
« Les tricycles sont aujourd’hui très nombreux. Ils transportent une partie de nos passagers alors que nos tarifs restent inchangés », explique-t-il.
Dans l’ensemble, les chauffeurs de taxis et de bus estiment que la combinaison de plusieurs facteurs (baisse du nombre de passagers, diminution des tarifs et concurrence accrue) fragilise considérablement leur activité et leurs conditions de vie.
Ils appellent les autorités compétentes à mettre en place des mesures susceptibles d’améliorer les conditions d’exercice du transport urbain à Goma et de soutenir un secteur qui constitue une source de revenus pour de nombreuses familles.
