À l’occasion de la Journée mondiale des compétences des jeunes, célébrée le 15 juillet, plusieurs jeunes de Goma témoignent des difficultés qu’ils rencontrent pour faire valoir leurs compétences dans un contexte marqué par le chômage et les contraintes économiques. Face aux faibles perspectives d’emploi, beaucoup choisissent de créer leurs propres activités afin d’assurer leur autonomie financière.
Pour ces jeunes, envoyer des candidatures sans obtenir de réponse est devenu une réalité quotidienne. Cette situation pousse nombre d’entre eux à se tourner vers l’entrepreneuriat plutôt que d’attendre un emploi dans le secteur public ou privé.
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C’est le cas de Steven, jeune entrepreneur spécialisé dans la menuiserie moderne. Après avoir étudié la maçonnerie, il explique avoir interrompu son parcours académique faute de moyens financiers. Il a alors choisi de se former en menuiserie afin de poursuivre son rêve tout en générant des revenus.
« Je fais ce métier pour subvenir à mes besoins mais aussi pour réaliser mon rêve. Avant, je fabriquais principalement des garde-robes, des tables en bois et d’autres meubles. Aujourd’hui, grâce à l’arrivée de nouveaux matériaux, notre travail est plus facile et de meilleure qualité », témoigne-t-il.
Malgré les progrès réalisés dans son activité, Steven affirme être confronté à plusieurs difficultés. Selon lui, de nombreux clients demandent des informations sur les produits et les prix, mais repartent sans effectuer d’achat, ce qui freine le développement de son entreprise.
Pour lui, les jeunes doivent davantage miser sur leurs propres initiatives.
« Il ne faut pas attendre uniquement un emploi de l’État ou des grandes entreprises. Les jeunes doivent créer leurs propres opportunités et se mettre au travail tant qu’il est encore temps », conseille-t-il.
Même constat pour Papa Salomon, jeune entrepreneur dans le commerce du carburant. Diplômé mais sans emploi, il explique avoir lancé cette activité afin de prendre en charge sa famille.
« J’ai choisi de créer mon propre travail pour répondre aux besoins de ma femme, de mes enfants et de mes parents qui comptent sur moi. L’entrepreneuriat est devenu une nécessité », confie-t-il.
Une autre jeune entrepreneure, spécialisée dans la vente de montres, raconte également avoir créé son commerce après plusieurs recherches infructueuses d’emploi.
Avec ses premières économies, elle a décidé de lancer une petite activité commerciale afin d’éviter de rester inactive. Elle reconnaît toutefois que les débuts restent difficiles.
Selon elle, certains produits achetés en gros arrivent déjà endommagés, notamment avec des vitres cassées, ce qui entraîne des pertes financières. À cela s’ajoutent les retours de certains clients quelques jours après leur achat ainsi que la baisse du pouvoir d’achat, qui réduit considérablement les ventes.
Malgré ces obstacles, elle reste optimiste.
« Nous continuons à travailler avec la conviction que les choses finiront par s’améliorer », affirme-t-elle.
À travers ces différents témoignages, plusieurs jeunes de Goma estiment que l’entrepreneuriat constitue aujourd’hui l’une des principales alternatives au chômage. En cette Journée mondiale des compétences des jeunes, ils plaident pour une meilleure valorisation des compétences, un accompagnement accru des initiatives entrepreneuriales et davantage d’opportunités leur permettant de contribuer au développement économique de leur communauté.
