A l’occasion de la Journée Internationale des Coopératives, célébrée chaque premier samedi du mois de juillet sous le thème « Les coopératives pour un monde pacifique », les populations de Kamanyola, dans le territoire de Walungu, et de Kabare alertent sur les conséquences de la fermeture prolongée des banques, des coopératives d’épargne et de crédit et des institutions de microfinance.

Plus d’un an après leur fermeture, provoquée par la dégradation de la situation sécuritaire, de nombreux ménages demeurent privés d’accès à leurs épargnes, aux crédits et à d’autres services financiers indispensables à leur résilience économique.

A Kamanyola, plusieurs petits commerçants affirment que la disparition de ces institutions financières les prive des crédits qui leur permettaient de développer leurs activités génératrices de revenus.

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Élie Fimbo, petit commerçant de la cité, explique que les coopératives représentaient une véritable bouée de sauvetage pour les familles : « Nous dépendons en grande partie des grands commerçants. La fermeture des coopératives et de certaines institutions financières complique énormément notre travail et notre quotidien. Aujourd’hui, il devient difficile de trouver les moyens de relancer nos activités ».

Selon lui, de nombreux commerçants utilisaient les crédits accordés par les coopératives pour acheter des marchandises, renforcer leurs petits commerces et répondre aux besoins essentiels de leurs ménages. Depuis leur fermeture, plusieurs activités commerciales tournent au ralenti et les revenus des familles ont fortement diminué.

Dans le territoire de Kabare, où plusieurs coopératives ont cessé leurs activités, les membres de ces institutions disent faire face à de nombreuses difficultés. Beaucoup n’ont plus accès à leurs épargnes, tandis que les possibilités d’obtenir un crédit ont pratiquement disparu.

Les personnes interrogées par Habari za Mahali indiquent que cette situation a entraîné l’abandon de nombreux projets économiques, la fermeture de certaines activités génératrices de revenus et une baisse du pouvoir d’achat des ménages.

Certaines familles éprouvent désormais des difficultés à assurer la scolarisation de leurs enfants ou à couvrir leurs besoins alimentaires.

Pour ces populations, le retour de la paix constitue une condition indispensable à la réouverture des banques, des coopératives et des institutions de microfinance, afin de permettre la reprise des activités économiques locales.

Déogracias Cubaka, enseignant en Sciences économiques et de gestion à l’Université officielle de Bukavu (UOB), estime que les institutions de microfinance jouent un rôle essentiel dans la résilience des communautés affectées par les crises.

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Il recommande l’organisation de concertations entre les banques, les coopératives, les opérateurs économiques et la société civile afin d’identifier les conditions permettant une réouverture sécurisée et durable de ces institutions financières.

Article produit dans le cadre du projet « Habari za Mahali », une initiative du consortium RATECO et REMEL avec le soutien de Media4Dialogue de La Benevolencija.

 Claudel Mbuya

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