Une séquence vidéo filmée lors de la plénière du vendredi 15 mai 2026 à l’Assemblée nationale continue de susciter une vague d’indignation sur les réseaux sociaux et au sein de l’opinion publique congolaise. Au centre de la polémique, le deuxième vice-président de l’Assemblée nationale, Christophe Mboso, accusé d’avoir tenu des propos et adopté des gestes jugés sexistes à l’endroit de la députée nationale Micheline Mpundu.
Dans cette vidéo devenue virale, on voit Christophe Mboso commenter publiquement l’apparence physique et la beauté de l’élue après son intervention à la tribune. Le responsable politique accompagne également ses propos de gestes interprétés par plusieurs internautes et acteurs sociaux comme une allusion aux formes physiques de la députée.
Cette attitude a rapidement provoqué de nombreuses réactions de condamnation, notamment de plusieurs femmes engagées dans la vie publique congolaise.
Depuis Abidjan où elle séjourne dans le cadre d’une mission officielle, Lydie Omanga Dihandju, vice-présidente du Conseil d’administration de l’Autorité de Régulation de la Poste et des Télécommunications du Congo (ARPTC), a exprimé sa profonde préoccupation face à cette scène survenue au sein de l’hémicycle.
Selon elle, l’Assemblée nationale étant le « temple de la loi et de la République », ses dirigeants ont le devoir d’incarner les valeurs de respect, d’égalité et de dignité humaine.
« Je suis profondément préoccupée de voir le deuxième vice-président d’une institution chargée de voter les lois adopter, au sein même de l’hémicycle, des propos et des attitudes contraires aux principes de respect et de dignité que ces mêmes lois sont censées protéger », a-t-elle déclaré.
Elle estime également que le fait de commenter le physique d’une femme élue plutôt que ses idées ou sa contribution politique envoie un mauvais signal aux femmes engagées dans la vie publique.
« Le respect des femmes ne peut être une option. Lorsqu’une femme élue est commentée sur son physique plutôt que sur sa contribution, cela fragilise l’exemplarité attendue de nos institutions », a ajouté Lydie Omanga.
Dans la même dynamique, Honoratte Muhanzi a également dénoncé un comportement qu’elle qualifie de sexiste et discriminatoire.
« Ce n’est pas un concours de beauté, c’est un parlement », a-t-elle réagi.
Pour elle, les femmes politiques doivent être évaluées sur leurs compétences, leurs arguments et leurs contributions au débat public, et non sur leur apparence physique.
Honoratte Muhanzi estime que cette séquence illustre les difficultés que rencontrent encore les femmes dans les espaces politiques et institutionnels en RDC.
« Quand une députée est réduite à son physique par le vice-président lui-même, cela envoie le signal que les femmes ne sont pas prises au sérieux », déplore-t-elle.
Elle regrette également les rires entendus dans l’assemblée pendant la scène, qu’elle considère comme le reflet d’une culture de banalisation du sexisme dans certaines institutions publiques.
« Le plus décevant est de voir l’assemblée rire en chœur au lieu de réagir. Cela confirme une culture toxique et un manque total de respect au sein de l’hémicycle », ajoute-t-elle.
Plusieurs voix issues de la société civile et des réseaux sociaux continuent d’appeler à une prise de conscience sur le respect des femmes dans les institutions publiques ainsi qu’à une lutte renforcée contre les comportements sexistes dans la sphère politique congolaise.
