La circulation sur la Route nationale numéro 2 (RN2) est devenue quasiment impossible dans la chefferie de Basile, en territoire de Mwenga. Depuis près de trois mois, plusieurs tronçons de cette route stratégique sont fortement dégradés, paralysant le trafic et affectant gravement les activités socio-économiques dans cette partie du Sud-Kivu.
Selon le mouvement citoyen Machozi Ya Raia, la situation est particulièrement critique au niveau de Dona, où la route est complètement bloquée.
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D’après cette structure citoyenne, plus de 70 camions transportant des marchandises destinées aux agglomérations de Kamituga, Lugushwa, Kitindi et Kitutu restent immobilisés dans la boue sur un tronçon devenu impraticable.
La crise touche également les conducteurs de motos qui empruntent quotidiennement cette route. Plus de 231 motards seraient affectés par l’état de dégradation avancée de la RN2.
Pour contourner certaines pentes boueuses et passages difficiles, ces derniers sont contraints de recourir à des aides extérieures.
« Les motards doivent payer jusqu’à 70.000 francs congolais à des tiers pour pousser leurs motos », déplore le mouvement Machozi Ya Raia.
Les usagers dénoncent des conditions de circulation jugées extrêmement difficiles et dangereuses.
L’impraticabilité de la RN2 provoque également des conséquences économiques importantes dans plusieurs centres urbains et miniers du territoire de Mwenga.
À Kamituga, Lugushwa, Kitindi et Kitutu, les habitants font face à une hausse des prix des produits de première nécessité, conséquence directe des difficultés d’approvisionnement.
Cette situation vient aggraver la précarité des populations vivant déjà dans un contexte marqué par l’insécurité et les difficultés économiques dans l’Est de la RDC.
Réagissant à cette situation, Mussa Ali Rutamu dénonce l’inaction des autorités congolaises face à l’état de délabrement des infrastructures routières.
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« Nous regrettons que le gouvernement congolais demeure dans l’incapacité de construire des routes, alors que les moyens existent », affirme-t-il.
Selon lui, la population reste la principale victime de cette absence d’intervention.
Le mouvement citoyen appelle ainsi les autorités compétentes à s’impliquer rapidement afin de réhabiliter ce tronçon stratégique et répondre à cette urgence qui affecte durement les populations locales.
