Les États-Unis ont annoncé, jeudi 30 avril 2026, des sanctions contre l’ancien président congolais Joseph Kabila, l’accusant d’avoir apporté un soutien matériel et financier à des groupes armés actifs dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), notamment le M23 et l’Alliance Fleuve Congo (AFC). Cette décision a été prise conjointement par le Département d’État et le département du Trésor américain.

Selon U.S. Department of the Treasury Office of Foreign Assets Control (OFAC), ces groupes armés sont responsables d’une instabilité persistante dans l’est de la RDC, ayant causé la mort de milliers de civils et provoqué une crise humanitaire majeure marquée par des déplacements massifs de populations. Le U.S. Department of State souligne que le soutien présumé de Joseph Kabila, à la fois financier et politique, a contribué à alimenter cette violence.

Dans son communiqué, Washington affirme que cette sanction vise à « répondre aux menaces contre la stabilité en RDC » et à envoyer « un message clair » : toute personne entravant les efforts de paix sera tenue responsable. Les autorités américaines réaffirment également leur solidarité avec le peuple congolais et appellent les dirigeants régionaux à se désolidariser des acteurs impliqués dans la déstabilisation.

Les sanctions s’inscrivent dans le cadre du décret présidentiel américain 13413, tel que modifié par le décret 13671, qui autorise des mesures contre les individus soutenant des groupes armés dans la région. Elles impliquent notamment le gel de tous les avoirs de Joseph Kabila aux États-Unis, ainsi que l’interdiction pour toute personne ou entité américaine d’effectuer des transactions avec lui. Toute entité détenue à 50 % ou plus par la personne sanctionnée est également concernée.

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D’après les autorités américaines, Joseph Kabila aurait fourni un soutien financier à l’AFC pour influencer la situation politique dans l’est du pays et encouragé des défections au sein des Forces armées de la République démocratique du Congo en faveur de cette coalition rebelle. Il est aussi accusé d’avoir tenté, sans succès, de lancer des attaques contre les forces gouvernementales depuis l’extérieur du territoire congolais.

Joseph Kabila
Joseph Kabila Kabange. Ph.Tiers

Le mouvement rebelle M23, soutenu par le Rwanda, contrôle actuellement d’importantes zones dans l’est de la RDC, y compris les villes stratégiques de Goma et Bukavu. Il opère comme branche armée de l’Alliance Fleuve Congo, une coalition politico-militaire dirigée par Corneille Nangaa, déjà sanctionné par les États-Unis en 2019 puis en 2024.

Les sanctions américaines interviennent dans un contexte régional tendu, marqué par la mise en œuvre des accords de Washington pour la paix et la prospérité, signés le 4 décembre 2025 entre la RDC et le Rwanda. Ces accords visent notamment à renforcer la coopération économique régionale, améliorer la transparence dans les chaînes d’approvisionnement en minerais critiques et favoriser les investissements.

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Dans cette optique, le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a affirmé que les États-Unis continueront d’utiliser « toute la gamme de leurs outils » pour soutenir l’intégrité de ces accords et promouvoir une stabilité durable dans la région.

Les autorités américaines précisent que toute violation des sanctions peut entraîner des sanctions civiles ou pénales, y compris pour des acteurs non américains impliqués dans des transactions avec des personnes désignées. Toutefois, elles rappellent que ces mesures visent avant tout à provoquer un changement de comportement, et non à punir.

Enfin, Washington réitère son engagement en faveur de solutions diplomatiques pour mettre fin aux violences dans l’est de la RDC et appelle à une mobilisation internationale accrue afin de restaurer la paix et la sécurité dans la région.

Jean-Luc M.

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