Le territoire de Kalehe, particulièrement le groupement de Buzi, fait face à une montée inquiétante de l’insécurité marquée par une recrudescence des vols et des cas de justice populaire. Plusieurs incidents tragiques ont été enregistrés ces derniers jours dans la cité de Minova et ses environs.
Selon des informations recueillies sur place, un homme connu sous le nom de Kaka a été tué à l’arme blanche dans la matinée du mardi 28 avril 2026, sur l’avenue Biglimani, alors qu’il se dirigeait vers l’avenue Kiavocat. La victime résidait sur l’avenue Katanga.
Quelques jours plus tôt, soit le samedi 25 avril, un jeune homme d’une vingtaine d’années, accusé de vol, a été tué par des habitants en colère sur l’avenue Ruchurunda, près de l’ancienne station IBB, dans la cité de Minova.
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Dans le village voisin de Mulala, un autre jeune suspecté d’avoir volé une chèvre a échappé de justesse à une tentative de lynchage grâce à l’intervention des autorités locales, le lundi 27 avril. Le suspect avait été appréhendé sur l’avenue Katyazo.
Par ailleurs, dans la nuit du lundi 27 au mardi 28 avril, des individus non identifiés ont tenté de cambrioler les habitations du camp des enseignants de l’Institut Lwanga. Leur tentative a été déjouée grâce aux aboiements des chiens de garde, qui ont alerté les résidents.
Contacté à ce sujet, Sadiki Shamavu Juges, coordonnateur de l’Alliance pour l’Universalité des Droits Fondamentaux (AUDF), une organisation membre de la Société Civile basée à Kalehe, déplore une situation sécuritaire de plus en plus préoccupante.
Selon lui, « ce phénomène prend de l’ampleur un peu partout dans le territoire de Kalehe », ajoutant que l’insécurité touche aussi bien les zones urbaines que rurales.
Il alerte également sur la montée de la justice populaire, conséquence directe du manque de institutions judiciaires.
« La vindicte populaire devient la voie de l’exil faute d’une justice et de cours et tribunaux », a-t-il déclaré.
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Face à cette situation, plusieurs voix s’élèvent pour appeler les autorités à agir urgemment, notamment en renforçant les dispositifs sécuritaires et en restaurant l’autorité de l’État.
Sans une réponse rapide et efficace, préviennent les acteurs de la société civile, la population risque de s’enfoncer davantage dans un cycle de violence, rendant la vie de plus en plus précaire dans le groupement de Buzi.
Landry Barhalibirhu
