Des journalistes de Bukavu ainsi que des territoires de Kabare et Walungu ont bénéficié, ce mercredi 25 mars 2026, d’une formation axée sur leur rôle et leur sécurité en période de conflit.

Organisée dans le cadre du projet Habari za Mahali, cette session a réuni des professionnels des médias impliqués dans la production d’informations humanitaires. L’initiative est portée par le consortium RATECO et REMEL, avec le soutien financier de La Benevolencija.

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L’objectif principal était de renforcer les capacités des journalistes à produire une information humanitaire de qualité, dans un contexte marqué par l’insécurité et la précarité socio-économique.

Intervenant au cours de cette formation, Cosmas Mungazi a souligné que, dans un contexte de conflit, la sécurité disparaît, perturbant profondément le fonctionnement normal de la société. Dans cet environnement, a-t-il expliqué, les journalistes humanitaires jouent un rôle crucial en permettant au monde d’accéder à la réalité du terrain.

« Ces journalistes ne sont pas de simples porteurs d’informations ou des chasseurs de scoops, mais des secouristes qui portent un microphone et un stylo au lieu d’un pansement », a-t-il déclaré.

Le formateur a insisté sur le respect des principes fondamentaux du journalisme et de l’action humanitaire, notamment la neutralité, l’impartialité et la mise en avant des besoins des populations affectées.

« L’information doit donner la parole aux communautés et aux victimes afin d’orienter efficacement les interventions humanitaires », a-t-il ajouté.

Parmi les compétences développées figurent l’adoption de comportements adaptés en situation de crise, la compréhension des principes du journalisme humanitaire, ainsi que la lutte contre la désinformation à travers l’identification d’informations crédibles, fiables et vérifiables.

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Il a également rappelé que, dans un contexte de conflit, l’information doit être utile et pratique, en apportant aux populations des conseils concrets pour mieux faire face à l’insécurité.

S’agissant de la sécurité des journalistes, Cosmas Mungazi a souligné qu’elle repose en grande partie sur les professionnels eux-mêmes et sur leurs rédactions, appelées à mettre en place des mécanismes de protection adaptés.

La formation a aussi permis de revisiter les droits et devoirs des journalistes, tels que définis par l’éthique et la déontologie professionnelle, avec un accent particulier sur le respect de la vérité.

Du côté des participants, cette initiative est saluée comme une opportunité de renforcement des capacités. Plusieurs journalistes se sont engagés à appliquer les connaissances acquises dans leur travail quotidien.

« Cette formation enrichit mon bagage professionnel. Elle me permet de mieux comprendre comment me comporter dans notre environnement de travail à Bukavu et au Sud-Kivu. Je m’engage à éviter la diffusion d’informations non vérifiées pour ma propre sécurité », a déclaré Lydie Nshobole.

De son côté, Guillaume Murhula a affirmé vouloir intégrer les principes du journalisme humanitaire dans sa pratique, tout en veillant à sa sécurité lors de la collecte et de la diffusion de l’information.

Dans un contexte où les formations sur ces thématiques restent rares, cette initiative vise à doter les journalistes des outils nécessaires pour produire une information utile, responsable et à fort impact communautaire, tout en garantissant leur sécurité.

Séraphin Mapenzi

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