Deux organisations de défense des journalistes du Sud-Kivu, l’Union des Journalistes Sensibilisateurs pour la Paix et le Développement Durable (UJSPD) et l’Union des Femmes des Médias pour la Paix (UFMP), dénoncent l’arrestation qu’elles qualifient d’arbitraire du journaliste Thomson Unji Batangalwa, interpellé à Baraka pour avoir réalisé une interview avec des éléments de l’AFC-M23 lors de la prise d’Uvira, le 10 décembre 2025.
Dans un communiqué publié dimanche 25 janvier à Uvira, l’UJSPD affirme que le journaliste, collaborateur du média en ligne Iyamba Lyetu TV, du journal Messager du Peuple et pigiste de Radio Channel Africa, a été arrêté par la police de Baraka sur instruction du général William Amuri Yakutumba, commandant des forces dites Muzalendo dans la zone.
Selon l’organisation, les faits reprochés au journaliste se limitent à l’exercice de son métier : avoir recueilli et diffusé des propos de membres du M23 au moment où le mouvement armé s’emparait de la ville d’Uvira, dans un contexte de guerre marquée par une forte restriction de l’accès à l’information.
« L’arrestation de notre confrère constitue une atteinte grave à la liberté d’expression et au droit du public à l’information. Nous appelons les autorités compétentes, tant civiles que militaires, à s’impliquer urgemment afin que justice soit rendue », a déclaré Kibumba Lubunga Donat, coordinateur de l’UJSPD.
L’organisation rappelle que les journalistes sont protégés par la Constitution congolaise ainsi que par les conventions internationales ratifiées par la RDC, qui garantissent la liberté de la presse et le droit de collecter, traiter et diffuser l’information, y compris en période de conflit.
Dans un communiqué séparé, l’Union des Femmes des Médias pour la Paix Sud-Kivu (UFMP) a également condamné l’interpellation du journaliste, qu’elle considère comme « une grave atteinte à la liberté de la presse et au droit du public à l’information ».
Elle exige « la libération immédiate et sans condition » de Thomson Unji Batangalwa et appelle les autorités à « respecter la liberté de la presse, même en temps de crise ».
Cette affaire intervient dans un climat sécuritaire particulièrement tendu dans le Sud-Kivu, où les affrontements entre les Forces armées congolaises, le M23 et différents groupes armés locaux exposent les journalistes à de graves risques. Dans ce contexte, la couverture médiatique du conflit est souvent perçue par certains acteurs armés comme une prise de position, alors qu’elle relève du devoir d’informer.
Pour l’heure, aucune information officielle n’a été communiquée sur le lieu de détention ni sur l’état de santé du journaliste, alimentant les inquiétudes de ses confrères et des organisations de défense de la presse.
L’UJSPD et l’UFMP appellent à une mobilisation urgente des autorités nationales, des mécanismes de protection des journalistes et des partenaires internationaux pour obtenir sa libération et prévenir de nouvelles atteintes à la liberté de la presse dans l’est de la RDC.
Abdallah Mapenzi
