Une marche pacifique pour dire « non à la guerre, oui à la paix » et soutenir le dialogue national inclusif a été organisée mardi 3 novembre 2026 à Uvira, dans la province du Sud-Kivu. Initiée par le Conseil provincial de l’Union sacrée de la Nation, cette mobilisation s’est déroulée de 8 h à 13 h, sous la conduite du gouverneur de province, le professeur Jean-Jacques Purusi Sadiki, également président de cette plateforme politique au Sud-Kivu
Selon les organisateurs, cette marche visait notamment à dénoncer les massacres attribués au M23, que les autorités congolaises accusent d’être soutenu par le Rwanda, et à alerter sur la situation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo. Le mouvement armé est aujourd’hui présenté sous l’appellation de FRN, selon les termes utilisés par les organisateurs.
Partie du rond-point Kavimvira, la marche a rassemblé une foule importante. Les participants sont passés par la place dite Orange avant de terminer leur parcours à la place du Monument d’Uvira, dans la commune de Mulongwe.
Prenant la parole à l’issue de la mobilisation, le gouverneur Jean-Jacques Purusi a déclaré que « le temps de la guerre est révolu ». Il a appelé à ce que les différends politiques soient désormais réglés par le dialogue et la concertation, conformément aux us et coutumes.
Cette initiative a toutefois suscité des critiques au sein de la société civile. Contacté par la rédaction de La Prunelle RDC, Freddy Mudeba, membre de la Nouvelle Société civile congolaise (NSCC), axe Sud du Sud-Kivu, estime que l’organisation d’une telle marche par les autorités pose question sur la répartition des responsabilités entre l’État et la société civile.
« C’est normalement à la société civile d’alerter et au gouvernement de prendre des décisions. Or ici, c’est l’exécutif qui donne l’alerte au lieu de l’exécuter », déplore-t-il.
Pour cet acteur de la société civile, « le rôle de l’État n’est pas d’organiser des alertes, mais d’y répondre ». Il considère cette démarche comme une confusion des rôles.
Freddy Mudeba rappelle également que cette même activité avait été initialement interdite par le gouvernement provincial pour le vendredi 30 octobre, avant d’être finalement réorganisée sous une autre forme.
Selon lui, la marche aurait principalement mobilisé des membres des partis politiques de la majorité ainsi que des agents de l’administration publique, auxquels des consignes de participation auraient été données. Il estime par ailleurs qu’« une action menée par les autorités elles-mêmes ne peut pas avoir l’impact national ou international attendu ».
Sur le plan des activités socioéconomiques, la journée a été marquée par une paralysie de plusieurs secteurs. Aucune circulation d’engins roulants n’a été observée jusqu’à 13 h, selon les informations recueillies. Certaines boutiques ont rouvert à partir de 14 h, tandis que d’autres commerçants sont restés chez eux.
