Les mairies d’Uvira et de Kamituga, au Sud-Kivu, ont appelé la population à participer à une marche populaire et patriotique prévue ce mardi 3 novembre 2026, alors que les deux autorités urbaines avaient récemment interdit les manifestations publiques dans leurs entités. Ce changement de position, intervenu sans annonce publique de la levée des précédentes mesures, soulève des interrogations sur la cohérence des décisions administratives locales.
À Kamituga, une note circulaire portant le numéro 03./410/005/M.KGA/FYA/2026, signée par le maire, avait annoncé la suspension des activités de plusieurs partis politiques. Elle interdisait également toute manifestation publique, marche de protestation ou rassemblement de plus de dix personnes sur la voie publique.
À Uvira, un communiqué officiel portant le numéro 402/013/VILLE-UV/J.22/2026, daté du 27 octobre 2026, avait annoncé la suspension de toutes les marches, manifestations et journées « ville morte » jusqu’à nouvel ordre. Cette décision était justifiée par la situation sécuritaire et les risques d’infiltration. Le document prévenait également que les contrevenants s’exposeraient à la rigueur de la loi.
Pourtant, dans de nouveaux communiqués, les autorités urbaines des deux villes ont invité les militants politiques, les cadres, les associations, les forces vives et l’ensemble de la population à prendre part, ce mardi 3 novembre, à une « grande marche populaire et patriotique de soutien », destinée à exprimer leur opposition à la guerre et à la balkanisation.
Aucun communiqué officiel levant explicitement les précédentes interdictions n’a été rendu public, selon les éléments disponibles. Cette situation crée un contraste entre les mesures annoncées quelques jours plus tôt et les appels actuels à une mobilisation populaire.
Ce revirement soulève notamment une question : comment des manifestations précédemment considérées comme une menace pour l’ordre public et passibles de sanctions peuvent-elles devenir des mobilisations encouragées par les mêmes autorités ?
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Si l’objectif affiché de ces marches est de manifester l’unité nationale face à la guerre et aux menaces contre l’intégrité territoriale, la succession de ces décisions interroge sur la cohérence de la gouvernance administrative locale. En l’absence de clarification sur la levée des interdictions, les autorités risquent d’entretenir un sentiment de traitement différencié du droit de manifester parmi les citoyens.
