Le Front pour la refondation nationale (FRN) a échangé, mardi 3 novembre 2026 à Goma, avec l’ambassadeur James Swan, chef de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO). Les discussions ont porté notamment sur le processus de paix de Doha, le mandat de la MONUSCO, la situation politique et sécuritaire ainsi que les perspectives d’évolution de la Constitution congolaise.
Dans son compte rendu, Bertrand Bisimwa, vice-président du FRN, indique que quatre principaux sujets ont été abordés : les objectifs de son organisation, le processus de paix de Doha, le renouvellement du mandat de la MONUSCO et les préoccupations liées à la situation politique et sécuritaire du pays.
Concernant les objectifs du FRN, Bertrand Bisimwa présente cette plateforme comme un agenda national visant, selon lui, à répondre à ce qu’il qualifie de situation de tyrannie en République démocratique du Congo. Il affirme que le mouvement ambitionne de contribuer à la refondation de la nation, afin d’offrir de nouvelles perspectives à la population congolaise et de la rassurer quant à son avenir.
S’agissant du processus de paix de Doha, le vice-président du FRN a réaffirmé l’engagement de son organisation dans cette démarche. Il a également indiqué que le FRN a hérité de l’actif et du passif de l’ancienne AFC/M23.
Il a toutefois exprimé des préoccupations concernant le respect, par le gouvernement de Kinshasa, des engagements pris dans le cadre de ce processus.
Le mandat de la MONUSCO et son éventuel redéploiement au Sud-Kivu
Le renouvellement du mandat de la MONUSCO a également été au centre des échanges. Selon Bertrand Bisimwa, le FRN estime que la mission onusienne devrait poursuivre son processus de retrait, considérant que plusieurs années de présence n’ont pas permis d’apporter les changements attendus sur le plan sécuritaire.
Lire aussi : RDC : la C64 salue l’appel de James Swan en faveur d’un dialogue national inclusif
Il soutient qu’un nouveau mandat ne changerait pas fondamentalement la situation actuelle.
Le mouvement a également exprimé des réserves concernant un éventuel redéploiement de la MONUSCO au Sud-Kivu. Bertrand Bisimwa s’est interrogé sur les objectifs d’une telle présence, estimant que la mission n’aurait pas répondu aux demandes de protection des populations lors des violences survenues à Uvira.
Les changements constitutionnels et la situation sécuritaire dans l’Est
Au sujet des perspectives de modification de la Constitution, le vice-président du FRN estime qu’une telle démarche pourrait compromettre le processus de paix de Doha. Selon lui, les différents engagements et protocoles signés dans ce cadre reposent sur la Constitution actuellement en vigueur.
Il a ainsi appelé la MONUSCO et les Nations unies à attirer l’attention des autorités congolaises sur les risques qu’un éventuel changement constitutionnel pourrait faire peser sur le processus de paix.
Sur le plan sécuritaire, Bertrand Bisimwa a dénoncé ce qu’il qualifie d’activisme militaire des forces gouvernementales et de leurs alliés sur plusieurs lignes de front. Il a notamment cité les axes Kaziba, Katogota-Luvungi, Mwenga-Akasika, Shabunda, Bunyakiri, Walikale, Pinga-Empeti, Lubero-Katondi, Minembwe, Masisi et Kalehe, où il affirme que des attaques et des bombardements sont signalés.
Le vice-président du FRN a également alerté sur la situation humanitaire dans certaines zones, particulièrement à Minembwe. Il a évoqué des difficultés d’approvisionnement alimentaire, le manque de médicaments et les problèmes d’accès aux soins pour les populations affectées par les affrontements.
À l’issue de cette rencontre, le FRN affirme avoir transmis ses préoccupations à l’ambassadeur James Swan, qu’il considère comme un interlocuteur important pour porter ces questions auprès du Conseil de sécurité des Nations unies et de la communauté internationale.
