À l’occasion de la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes, célébrée chaque 2 novembre, l’UNESCO appelle la communauté internationale à renforcer les mécanismes de protection et de justice face à l’évolution des menaces contre les professionnels des médias. Sous le thème « Les menaces évoluent. L’impunité persiste. », l’organisation lance une campagne mondiale de sensibilisation pour attirer l’attention sur les violences visant les journalistes et l’absence de sanctions contre leurs auteurs.

Selon le Rapport 2026 du Directeur général de l’UNESCO sur la sécurité des journalistes et le danger de l’impunité, le taux mondial d’impunité a augmenté d’un point de pourcentage pour atteindre 86 %. Il s’agit de la première hausse enregistrée depuis le début du suivi de cet indicateur par l’organisation en 2012. Concrètement, près de neuf assassinats de journalistes sur dix restent sans suite judiciaire.

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Entre 2006 et 2024, plus de 1.700 journalistes ont été tués dans l’exercice de leur métier. Pour les seules années 2024 et 2025, 189 professionnels des médias ont perdu la vie lors d’attaques violentes, dont 67 % dans des zones de conflit armé.

Le rapport met également en évidence l’évolution des formes de violence, notamment avec l’utilisation de nouvelles technologies et d’armements qui accentuent les risques pour les journalistes sur le terrain.

Parmi les menaces recensées figurent les attaques par drones. Au cours des deux dernières années, 50 journalistes auraient été tués par des véhicules aériens sans pilote dans six zones de guerre.

Les femmes journalistes restent, quant à elles, particulièrement exposées. Aux risques physiques et technologiques s’ajoutent des violences fondées sur le genre et des campagnes persistantes de harcèlement en ligne.

Des avancées dans les pays hors des zones de conflit

Malgré ce tableau préoccupant, le rapport relève certaines évolutions positives dans les pays qui ne sont pas en situation de conflit armé. Le nombre de journalistes tués dans ces contextes est tombé à 62, soit le niveau le plus bas enregistré depuis 18 ans.

Le taux d’impunité y a également diminué de 17 points de pourcentage depuis 2012, pour s’établir à 77 %. Pour l’UNESCO, ces progrès montrent que des mécanismes judiciaires efficaces et une volonté politique peuvent contribuer à améliorer la protection des journalistes.

Proclamée par l’Assemblée générale des Nations Unies en 2013, à travers la résolution A/RES/68/163, cette journée internationale vise à mobiliser les États contre l’impunité des crimes commis à l’encontre des professionnels des médias. Elle est également l’occasion de rendre hommage aux journalistes français Ghislaine Dupont et Claude Verlon, assassinés au Mali le 2 novembre 2013.

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L’impunité ne concerne pas uniquement les journalistes victimes de violences. Elle prive également la société de son droit à une information libre et transparente, en favorisant notamment la dissimulation de la corruption et des violations des droits humains.

Pour l’édition 2026, l’UNESCO organise à son siège, à Paris, un dialogue politique réunissant des représentants des États membres, des magistrats, des forces de l’ordre et des acteurs de la société civile.

À travers cette mobilisation, l’organisation appelle la communauté internationale à adapter les dispositifs de protection et les systèmes judiciaires à l’évolution des menaces, afin qu’aucun crime commis contre un journaliste ne reste impuni.

Joseph Aciza

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