Une vive controverse administrative secoue actuellement les services publics chargés de l’emploi et du travail dans la ville d’Uvira, au Sud-Kivu. Deux communiqués officiels publiés à moins de vingt-quatre heures d’intervalle exposent au grand jour un conflit de compétences entre l’Inspection du travail et le Bureau urbain de l’emploi et du travail, plongeant les employeurs dans l’incertitude.
Le premier document, référencé N°006/TPS/BIT/R.1055/2026 et daté du 2 juin 2026, est signé par Madame Amisi Cibalonza Jeanne, Inspecteur du travail et cheffe d’antenne d’Uvira. Dans ce communiqué, elle rappelle que l’Inspection du travail est l’unique service habilité à effectuer le contrôle de la main-d’œuvre nationale et étrangère auprès des employeurs assujettis au Code du travail.
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S’appuyant notamment sur les articles 187, 196 et 197 de la loi n°16/010 du 15 juillet 2016 portant Code du travail, elle affirme que certains services administratifs ne disposent pas de compétences légales pour mener de telles missions de contrôle. Elle met également en garde contre des personnes qui se présenteraient comme agents de contrôle sans qualité requise et invite les employeurs à exiger systématiquement un ordre de mission ainsi qu’une carte de service avant toute inspection.
Mais le lendemain, le Bureau de l’emploi et du travail d’Uvira a réagi à travers le communiqué N°001/2026 signé par son chef de bureau ad intérim, Baraka Cizungu Justin.
Dans ce document, le Bureau de l’emploi rejette les affirmations contenues dans le communiqué de l’Inspection du travail. Il soutient que ses services disposent également d’attributions légales en matière de suivi de l’emploi et de protection de la main-d’œuvre, en se référant notamment à l’ordonnance n°25/293 ainsi qu’à différentes circulaires administratives.
Le Bureau de l’emploi considère dès lors que les déclarations de l’Inspection du travail créent une confusion préjudiciable auprès des opérateurs économiques et risquent de perturber le fonctionnement normal des services publics concernés.
Cette divergence d’interprétation place désormais les entreprises, les organisations non gouvernementales et les établissements privés dans une situation délicate. Entre les deux institutions, chacune revendique une légitimité fondée sur des textes réglementaires distincts.
Pour plusieurs observateurs, cette situation révèle la nécessité d’une clarification urgente des compétences respectives des différents services intervenant dans le secteur de l’emploi et du travail.
En attendant une éventuelle intervention de la Division provinciale de l’Emploi et du Travail ou du ministère national de tutelle, les employeurs d’Uvira se retrouvent confrontés à des injonctions contradictoires émanant de deux administrations publiques censées œuvrer dans le même domaine.
Cette crise administrative pourrait avoir des répercussions sur les activités de contrôle et sur les relations entre les entreprises et les services publics si aucune clarification officielle n’est rapidement apportée.
