Un plan communautaire de paix et de cohésion sociale a été élaboré et adopté vendredi 7 août 2026 à Karhongo, dans le groupement de Karhongo, à Nyangezi, au Sud-Kivu, au terme de deux jours d’atelier réunissant plusieurs composantes de la communauté. Prévu pour être mis en œuvre sur une période de trois ans, le plan repose sur six axes prioritaires, dont la prévention et la gestion des conflits, le relèvement communautaire, l’éducation à la paix et la gouvernance locale.
La rencontre a été organisée par la Commission diocésaine Justice et Paix (CDJP) dans le cadre du projet de renforcement de la cohésion sociale et du vivre-ensemble influencé par les femmes dans le groupement de Karhongo, sous l’appui financier de ONU Femmes en RDC.
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L’atelier avait pour objectif de réunir les différentes composantes de la communauté autour d’une vision commune de la paix et de définir les orientations stratégiques, les activités prioritaires ainsi que les mécanismes nécessaires à la mise en œuvre du plan.
À l’issue des discussions, les participants ont non seulement élaboré et validé le document, mais également défini les responsabilités des différents acteurs appelés à contribuer à sa réalisation.
Six axes prioritaires pour trois ans
Selon Justin Sheria Nfundiko, professeur à l’Université officielle de Bukavu (UOB) et facilitateur de l’atelier, les six axes retenus portent notamment sur la prévention et la gestion des conflits, le relèvement communautaire, l’éducation à la paix et la gouvernance locale.
Des activités concrètes ont été proposées autour de ces différentes orientations afin de faciliter leur mise en œuvre au sein des communautés.
Le plan a été conçu pour une période de trois ans, permettant aux acteurs locaux de programmer les activités, de suivre leur réalisation et d’évaluer progressivement les résultats obtenus en matière de paix, de cohésion sociale et de vivre-ensemble.
« À l’issue des échanges, il a été vraiment utile de mettre en place un comité de pilotage pour la réalisation de ce plan. Ce comité est composé de 11 personnes et aura pour mission de réfléchir sur les opportunités qui peuvent permettre la mise en œuvre, mais aussi de mobiliser les moyens au niveau local et auprès des partenaires. Le plan a été élaboré pour une durée de trois ans et la communauté sera réunie pour nous donner des résultats », explique Justin Sheria Nfundiko.
Un comité de pilotage de 11 membres
Pour assurer le suivi de la mise en œuvre du plan, un comité de pilotage composé de 11 membres a été installé à l’issue de l’atelier.
Ce comité devra notamment identifier les opportunités susceptibles de faciliter la réalisation des activités prévues, rechercher et mobiliser les ressources nécessaires auprès des acteurs locaux et des partenaires, mais également suivre l’évolution de la mise en œuvre du plan.
Pour Alain Chiruza, chargé du projet, cette structure constitue un mécanisme important pour assurer le passage des recommandations formulées durant l’atelier à des actions concrètes.
« La conclusion est que les participants ont pu établir ce plan, ils ont pu valider le plan et les activités et responsabilités, ils ont pu mettre en place un comité chargé du suivi de la mise en œuvre de ce plan », souligne-t-il.
Il se félicite également de la participation des différentes composantes de la communauté aux échanges.
« On a vu que les gens étaient très intéressés, les débats étaient très participatifs au regard des sujets qui étaient au programme », ajoute le chargé du projet.
Un plan destiné à être vulgarisé dans les communautés
Après son adoption, le document doit être partagé avec les différentes couches représentées lors de l’atelier. L’objectif est de permettre aux participants de vulgariser le plan au sein de leurs communautés respectives, en fonction des responsabilités et des secteurs qu’ils représentent.
Cette étape devrait être suivie d’un processus de suivi destiné à mesurer la manière dont les engagements sont progressivement traduits en actions.
Les initiateurs envisagent également de porter le document aux niveaux provincial et national, avec l’ambition d’en faire une référence pouvant inspirer d’autres communautés engagées dans la promotion de la paix, de la cohésion sociale et du vivre-ensemble.
« L’étape à suivre est qu’après ça, on va encore distribuer le plan aux différentes couches qui ont participé à l’activité pour que les différentes personnes puissent vulgariser le plan selon les différentes responsabilités qu’elles ont dans les communautés respectives », précise Alain Chiruza.
Il ajoute qu’une démarche pourrait ensuite être engagée pour permettre une vulgarisation plus large du document.
« Après cela, on pourra faire le suivi pour voir comment on peut vulgariser le plan aussi au niveau provincial ou national pour que ce plan puisse servir de référence aux communautés qui n’en ont pas », poursuit-il.
Femmes, jeunes, leaders religieux et autorités impliqués
L’atelier a réuni plusieurs catégories d’acteurs de la communauté de Karhongo. Parmi les participants figuraient notamment des leaders religieux, leaders communautaires, autorités locales, chefs d’établissements scolaires, organisations locales de jeunes, organisations de femmes, personnes vivant avec handicap ainsi que des membres des associations villageoises d’épargne et de crédit (AVEC).
Cette diversité des participants devait permettre de prendre en compte les différentes réalités de la communauté et de favoriser une appropriation collective du plan.
Une attention particulière a également été accordée à la participation et au rôle des femmes dans la cohésion sociale et le vivre-ensemble, conformément à l’objectif du projet porté par la CDJP.
Les différentes confessions appelées à renforcer le dialogue
Pour Nanfranka Justine, participante à l’atelier, les deux jours d’échanges ont notamment démontré que les différences de genre et d’appartenance religieuse ne devraient pas constituer un obstacle au vivre-ensemble.
Elle estime nécessaire de renforcer les rencontres entre les différentes confessions religieuses présentes dans le groupement afin de rechercher ensemble des solutions aux défis de développement et de cohésion sociale.
« On a décidé aujourd’hui de nous réunir et de faire des réunions entre les protestants, catholiques, musulmans, témoins, brahmanes et autres afin de trouver les mécanismes à mettre en place pour le développement de notre groupement », explique-t-elle.
Elle souhaite également que ces initiatives accordent davantage de place à la contribution des femmes.
« Surtout, on fera beaucoup plus d’instances sur la place de la femme dans la cohésion sociale et le vivre-ensemble », ajoute Nanfranka Justine.
Des engagements à traduire en actions
Pour la CDJP, l’adoption de ce plan constitue une étape importante dans le processus de renforcement de la paix et de la cohésion sociale à Karhongo. Les participants disposent désormais d’un cadre commun définissant des priorités, des activités, des responsabilités et un mécanisme de suivi sur trois ans.
Le principal défi reste toutefois celui de la mise en œuvre effective des engagements pris au cours de l’atelier, notamment la mobilisation des ressources et l’implication continue des différentes composantes de la communauté.
Au terme de ces deux jours d’échanges, les participants repartent ainsi avec un document commun et des responsabilités précises. Pour les initiateurs, l’enjeu est désormais de transformer ce plan en actions concrètes afin que la paix, la cohésion sociale et le vivre-ensemble ne restent pas seulement des objectifs inscrits dans un document, mais deviennent progressivement une réalité dans les communautés de Karhongo.
