La station communautaire Radio Cool FM Katongo, basée dans le territoire d’Uvira, a été entièrement pillée lors du retrait des éléments du mouvement armé AFC-M23 le samedi 17 janvier 2026. L’attaque a laissé la radio hors service, privant des milliers d’habitants de leur principale source d’information dans une zone déjà fortement touchée par l’insécurité.
Selon les informations recueillies par La Prunelle RDC, les faits se sont produits à Katongo, dans le groupement de Kalungwe, en chefferie des Bavira, au sud du territoire d’Uvira. Cette localité est depuis plusieurs semaines l’un des épicentres des affrontements opposant les rebelles du M23, les FARDC et les combattants Wazalendo, retranchés notamment du côté de Makobola et Kamba.
Contacté par notre rédaction, un responsable de la station, encore sous le choc, affirme que les locaux de la radio ont été complètement vandalisés et tous les équipements essentiels emportés.
« Le samedi, jour du retrait du M23, nous étions contraints de quitter les lieux. Quand nous sommes revenus le lundi 19 janvier, toutes les portes étaient ouvertes. Les maisons avaient été pillées, y compris la radio. Ils ont tout emporté : quatre microphones, un mixeur, un générateur, des câbles coaxiaux, un élévateur stabilisateur, un ordinateur et bien d’autres équipements », a-t-il témoigné.
Selon les mêmes sources, les assaillants étaient des hommes en tenue militaire, armés, accompagnés de civils qui ont profité du chaos pour se livrer au pillage.
Depuis cet incident, Radio Cool FM Katongo est totalement hors service.
Face à cette situation, l’équipe de la radio lance un appel pressant aux autorités locales et provinciales, ainsi qu’aux organisations de soutien aux médias, pour une assistance technique et matérielle afin de permettre la reprise des émissions.
« Nous demandons à toute personne de bonne volonté de nous aider à redémarrer nos activités. La radio jouait un rôle crucial dans la sensibilisation à la paix et au développement local. C’était notre lien avec le reste du territoire. Sans elle, la population n’a plus d’informations fiables sur la situation sécuritaire, sociale et économique », explique un membre de la rédaction.
Les localités de Katongo et Kigongo se retrouvent désormais privées de leur principal moyen d’accès à l’information, dans une zone déjà isolée et lourdement affectée par les violences armées.
Ce nouveau cas illustre la précarité dans laquelle évoluent de nombreux médias communautaires à l’Est de la RDC, souvent pris en étau entre les groupes armés, l’insécurité et l’absence de mécanismes efficaces de protection de la liberté de la presse.

