Le Sud-Kivu comptait environ 1,23 million de personnes déplacées internes au 31 août 2025, selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA). Dans son rapport couvrant la période du 1er au 30 septembre 2026, daté du 19 octobre, l’organisation fait état de nouveaux déplacements provoqués par les affrontements armés dans plusieurs territoires de la province, notamment Fizi, Kabare, Kalehe, Mwenga, Uvira et Walungu.
L’intensification des combats entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), appuyées par leurs alliés Wazalendo, et les combattants du Front pour la refondation de la nation (FRN-M23) continue de fragiliser les populations civiles et de compliquer l’accès humanitaire.
Dans les Hauts-Plateaux de Fizi, les affrontements ont accru les risques de protection et restreint davantage l’accès des organisations humanitaires, notamment dans la zone de santé de Fizi. Selon les alertes reçues par OCHA, plus de 53.300 personnes auraient fui depuis août vers plusieurs entités des zones de santé de Fizi et de Nundu.
La zone de santé de Kimbi-Lulenge, dans le territoire de Fizi, ainsi que celle de Kabambare, dans la province du Maniema, auraient accueilli environ 17.100 ménages. OCHA précise que les coupures prolongées des réseaux de télécommunication ont retardé le suivi des déplacements et l’évaluation de la situation humanitaire sur le terrain.
« Les combats survenus début septembre, puis du 20 au 25 septembre, auraient également fait des victimes civiles et endommagé des infrastructures essentielles, aggravant la vulnérabilité des populations », déplore l’organisation.
Plus de 44.800 déplacés accueillis à Kabare
Dans le territoire de Kabare, plus de 44.800 personnes ont fui les affrontements survenus dans plusieurs villages du territoire voisin de Kalehe, notamment Chibwisa, Nyawesa et Muyenge, pour se réfugier dans le groupement d’Irhambi-Katana, selon les sources humanitaires et les autorités sanitaires citées par OCHA.
Ces personnes déplacées se sont principalement installées dans les aires de santé de Mugeri, Chahoboka, Nuru, Ciranga et Kalangane.
« Leur arrivée dans ces zones touchées par la sécheresse accentue les besoins et les risques de malnutrition aiguë, notamment chez les enfants et les femmes enceintes et allaitantes, parmi les personnes déplacées et les communautés hôtes », indique OCHA.
Dans le territoire de Kalehe, les affrontements des 14 et 15 septembre dans les Hauts-Plateaux de Ziralo ont également provoqué de nouveaux déplacements vers l’aire de santé de Lemera, dans la zone de santé de Kalehe. Plus de 20.000 personnes ont été contraintes de fuir vers les zones de santé de Bunyakiri, Kalehe et Kalonge.
Selon l’organisation, la poursuite des violences dans ces entités accentue les besoins humanitaires dans les zones d’accueil.
Déplacements et retours à Mwenga
Dans le territoire de Mwenga, plus de 10 400 personnes se sont déplacées vers les groupements de Tsheshero, Itundu et Birata-Ndodo en raison de l’insécurité et des mouvements d’acteurs armés dans les zones de santé de Mwana et de Mwenga.
Parallèlement, ces groupements ont enregistré le retour de plus de 26.400 personnes qui fuyaient l’insécurité dans leurs zones d’accueil sur l’axe Burinyi-Sud, selon le rapport.
Plus de 67.600 personnes déplacées à Uvira
Le territoire d’Uvira est également touché par ces mouvements de population. Les affrontements dans les groupements de Kigoma et de Bijombo ont entraîné le déplacement de plus de 67.600 personnes vers les zones de santé de Lemera, des Hauts-Plateaux et de Ruzizi.
OCHA précise que les principaux mouvements de déplacement font suite aux combats survenus à la fin du mois d’août dans les moyens et hauts plateaux de Kigoma.
À Walungu, les affrontements survenus à Kishadu, Chulwe, Matali et Cihumio, dans le groupement de Mulamba, ont contraint au moins 13.000 personnes à fuir vers plusieurs villages de Luntukulu, dans la zone de santé de Kaniola.
OCHA appelle à un accès humanitaire sans entrave
Face à l’ampleur des déplacements et à la dégradation des conditions de vie des populations affectées, OCHA souligne la nécessité de renforcer le plaidoyer en faveur d’un accès humanitaire sûr, durable et sans entrave.
L’organisation insiste particulièrement sur les Hauts-Plateaux de Fizi et les territoires de Mwenga, Uvira et Kalehe, où les contraintes sécuritaires compliquent l’acheminement de l’aide vitale aux personnes déplacées et aux communautés d’accueil.
