Le gouvernement de la République démocratique du Congo met en place des mesures pour faciliter la poursuite des études des étudiants déplacés de l’Est du pays en raison de l’insécurité. Dans une note circulaire signée le 9 octobre 2026, la ministre de l’Enseignement supérieur, universitaire, de la Recherche scientifique et Innovations (ESURSI), la professeure docteure Sombo Ayanne Safi Mukuna Marie-Thérèse, donne des directives aux responsables des établissements publics et privés afin de favoriser leur accueil et leur intégration académique.
Référencée n° 039/MINESURSI/CAB.MIN/SASM/MMK/2026, cette note vise à limiter les conséquences du déplacement forcé sur le parcours universitaire des étudiants et à renforcer la solidarité au sein de la communauté universitaire.
Parmi les mesures annoncées figure la désignation d’un point focal dans chaque établissement. Celui-ci sera chargé d’accueillir les étudiants déplacés, de recueillir leurs dossiers, d’identifier leurs besoins et de faciliter leur orientation vers les services compétents.
Les établissements sont également appelés à examiner les demandes d’admission, à vérifier les parcours académiques et à reconnaître les acquis des étudiants afin de leur permettre de poursuivre leur formation dans les filières correspondantes.
Des mesures financières pour alléger les charges des étudiants
Sur le plan financier, le ministère entend éviter que les étudiants déplacés soient pénalisés en raison de leur situation. Les établissements ne pourront pas leur imposer de payer une seconde fois des frais de même nature déjà acquittés pour la même période académique dans leur établissement d’origine, sous réserve de vérification des justificatifs.
La note prévoit également l’exonération des majorations et pénalités directement liées au déplacement ou à l’interruption forcée des activités académiques. Les autres demandes d’exonération seront examinées au cas par cas, en tenant compte de la vulnérabilité des étudiants et des dispositions ministérielles applicables.
Par ailleurs, la perte de documents académiques liée au déplacement ne devra pas entraîner automatiquement le rejet d’une demande d’admission. Des vérifications complémentaires devront être effectuées auprès des services habilités afin de garantir la fiabilité des dossiers.
Les enseignants et autres personnels universitaires également concernés
Les mesures ministérielles s’étendent aux enseignants et aux autres personnels universitaires déplacés. Un recensement permettra d’identifier leurs qualifications, leurs fonctions et leur situation administrative.
Leur participation temporaire aux activités d’enseignement, de recherche ou d’encadrement pourra être envisagée avec les autorités compétentes, en fonction des besoins des établissements d’accueil.
Le ministère prévoit également un mécanisme d’appui aux personnes déplacées. Les établissements devront transmettre des informations vérifiées sur les personnes accueillies, leurs besoins prioritaires et les capacités disponibles pour les accompagner. Toutefois, ce recensement ne garantit pas automatiquement l’octroi d’une aide.
Sept jours pour transmettre les premières informations
Pour assurer le suivi de ces dispositions, les responsables des établissements disposent d’un délai de sept jours à compter de la réception de la note circulaire pour transmettre au ministère les coordonnées du point focal désigné, un premier bilan des étudiants et personnels accueillis, les mesures déjà prises ainsi que les besoins identifiés.
Une commission chargée de gérer les conséquences des événements survenus dans l’Est siègera également en qualité de comité de crise. Elle aura pour rôle de centraliser les informations, de suivre les mesures d’accueil et d’examiner les difficultés rencontrées.
À travers ces dispositions, le ministère entend renforcer la solidarité au sein de la communauté universitaire et réduire les obstacles auxquels sont confrontés les étudiants déplacés par l’insécurité dans l’Est de la RDC.
La mise en œuvre effective de ces mesures sera déterminante pour garantir la continuité des études et faciliter l’intégration des jeunes contraints de quitter leurs établissements d’origine.
