L’Université de Goma (UNIGOM) a lancé, jeudi 15 octobre 2026, l’année académique 2026-2027, malgré la suspension des activités académiques et para-académiques décidée par le gouvernement congolais dans plusieurs établissements publics de Goma et de Bukavu. Cette reprise intervient dans un contexte de tensions entre les autorités de Kinshasa et les autorités de fait de la coalition FRN-AFC-M23 au sujet de la gestion des institutions universitaires dans les zones sous contrôle de cette dernière.
La cérémonie a notamment été marquée par la présence de Corneille Nangaa, vice-président du Front pour la refondation de la nation (FRN). Dans son intervention, il a défendu l’implication des autorités de fait dans la gestion des établissements d’enseignement supérieur, notamment à travers le remplacement de certains responsables académiques.
Corneille Nangaa a notamment interrogé les conditions de fonctionnement des universités lorsque leurs responsables ne sont pas présents sur place.
« Comment garantir une gestion universitaire efficace et un enseignement de qualité lorsque les responsables chargés de les assurer ne sont pas effectivement présents sur place ? », a-t-il déclaré.
Une suspension ministérielle toujours en vigueur
Cette rentrée intervient après la décision prise le 20 août 2026 par le ministère congolais de l’Enseignement supérieur et universitaire de suspendre les activités académiques et para-académiques dans onze établissements publics de Goma et de Bukavu.
La mesure concerne notamment les inscriptions, les enseignements, les évaluations et les délibérations. Le gouvernement avait invoqué le contexte sécuritaire ainsi que la nécessité de protéger les étudiants et le personnel et de préserver la régularité des titres académiques.
À l’UNIGOM, cette reprise suscite des interrogations parmi les étudiants, notamment sur la poursuite effective des cours et la possibilité de mener l’année académique à son terme.
« On se pose la question de savoir si ce lancement est réellement effectif et s’il va durer. Pour l’instant, on est en train de voir comment les choses vont se dérouler », explique Azize Faida, étudiante.
Des craintes sur la reconnaissance des diplômes
Au-delà de l’incertitude sur la continuité des enseignements, certains étudiants s’inquiètent des conséquences de cette situation sur leur parcours universitaire et sur la reconnaissance de leurs diplômes au niveau national.
« Dans cette ville en proie aux conflits armés, je crains que nos diplômes ne soient pas reconnus au niveau national. Je demande au gouvernement ainsi qu’aux autorités du FRN et de l’AFC-M23 de ne pas mêler la politique à l’enseignement », déclare Habimana Bakunji, étudiant en première année de licence.
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Alors que la suspension décidée par Kinshasa demeure en vigueur, la question reste de savoir dans quelles conditions les activités académiques pourront se poursuivre à l’Université de Goma et si les formations engagées déboucheront sur des diplômes reconnus par les autorités nationales.
Salomon Kwiraviwe
Bukavu : le FRN-M23 lance l’année académique 2026-2027 dans six établissements suspendus par Kinshasa
L’année académique 2026-2027 a été officiellement lancée, jeudi 15 octobre 2026, dans six établissements d’enseignement supérieur et universitaire de Bukavu, au Sud-Kivu. La cérémonie, organisée à l’Université officielle de Bukavu (UOB), intervient malgré la suspension de ces institutions par le ministère national de l’Enseignement supérieur, universitaire, de la Recherche scientifique et des Innovations (ESURSI), à la suite de la nomination de comités de gestion par l’AFC-M23.
Le lancement a été présidé par Bertrand Bisimwa, présenté comme l’un des vice-présidents du Front pour la refondation de la nation (FRN-M23), en présence de Patrick Busu Bwa Ngwi Nshombo, gouverneur du Sud-Kivu nommé par le mouvement politico-militaire, de quelques nouveaux étudiants et de responsables des établissements concernés.
Dans son discours, Bertrand Bisimwa a défendu la continuité des activités académiques. Il a appelé les responsables des institutions à garantir la qualité de la formation, la transparence dans la gestion et de meilleures conditions de travail pour le personnel académique.
Il a également exhorté les enseignants, les parents et les étudiants à ne pas céder aux rumeurs et à procéder aux inscriptions en vue de la poursuite des activités académiques.
« Notre devoir est de rechercher des réponses concrètes, d’organiser des services essentiels et de soutenir la protection de la population. La continuité de l’enseignement constitue une responsabilité que nous devons assumer dans nos actes quotidiens. Mesdames et Messieurs, enseignants et chercheurs, nos efforts doivent se concentrer sur la continuité des enseignements, le respect du calendrier académique, l’amélioration de la qualité de la formation et des conditions d’apprentissage », a-t-il déclaré.
De son côté, le professeur Mano Macumu, président de la Conférence des chefs d’établissements de l’enseignement supérieur et universitaire du Sud-Kivu, a invité les nouveaux étudiants et les autres apprenants à rejoindre les auditoires pour permettre le démarrage effectif des cours.
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Une faible affluence observée
Malgré cette cérémonie officielle, l’affluence est restée faible à l’UOB et dans les autres établissements concernés. Cette situation contraste avec l’attractivité dont jouissait autrefois l’Université officielle de Bukavu auprès des nouveaux diplômés.
« Au moins 200 étudiants nouvellement inscrits à l’UOB et à l’ISTM-Bukavu étaient présents à cette cérémonie », a confié à La Prunelle RDC une source estudiantine.
Avant le lancement, des images montrant quelques dizaines d’étudiants avaient circulé sur les réseaux sociaux, suscitant des critiques d’internautes et d’anciens universitaires sur la faible mobilisation.
Les six établissements concernés sont l’Université officielle de Bukavu (UOB), l’Institut supérieur des techniques médicales (ISTM-Bukavu), l’Institut supérieur des arts et métiers, l’Institut supérieur pédagogique (ISP), l’Institut supérieur de commerce (ISC) et l’Institut supérieur de développement rural (ISDR-Bukavu).
Un bras de fer entre le mouvement et Kinshasa
Les activités académiques et para-académiques de ces établissements avaient été suspendues après la nomination de nouveaux comités de gestion par l’AFC-M23. Le lancement organisé par le FRN-M23 intervient donc dans un contexte de désaccord persistant avec les autorités nationales.
Alors que le mouvement politico-militaire défend la poursuite de l’enseignement dans les zones sous son contrôle, le gouvernement congolais maintient sa décision de suspendre les activités dans les institutions concernées.
Cette situation suscite des inquiétudes chez plusieurs parents et étudiants, notamment sur la reconnaissance et l’homologation des diplômes qui seraient délivrés à l’issue des formations suivies dans ces établissements malgré la suspension ministérielle.
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L’incertitude autour de la validité des parcours académiques constitue ainsi une préoccupation majeure pour les familles appelées à décider si elles doivent inscrire leurs enfants dans ces institutions.
