La partie centrale de la commune de Bagira, à Bukavu, fait face à une pénurie d’eau potable qui perturbe fortement le quotidien des ménages. Alors que cette partie de la ville était autrefois connue pour sa relative abondance en eau, certains habitants affirment passer plusieurs semaines sans voir une seule goutte couler de leurs robinets.

La situation est particulièrement préoccupante dans la partie centrale de Bagira, pourtant située à proximité du réservoir de Murundu, qui contribue à l’approvisionnement en eau de la ville de Bukavu.

Lire aussi : Bukavu : un nouveau cas de cambriolage signalé à Mulambula (Bagira)

Selon des habitants, certains quartiers restent privés d’eau depuis près d’un mois. Cette pénurie intervient alors que la ville traverse une période de saison sèche et que les besoins en eau des ménages restent particulièrement importants.

Interrogé ce mardi 18 août 2026 par La Prunelle RDCOlivier Batumike, acteur de la société civile et habitant de Bagira, déplore une situation qu’il juge inhabituelle.

Selon lui, les difficultés liées à la baisse du niveau d’eau pendant la saison sèche existaient déjà par le passé, mais la REGIDESO appliquait un système de desserte par rotation permettant aux habitants de constituer des réserves lorsque l’eau était disponible.

« On se demande si c’est la saison sèche qui est le problème, parce qu’avant c’était la même période. La REGIDESO devrait continuer avec son système d’auparavant. Elle faisait des tours en fournissant l’eau potable dans les quartiers. Mais aujourd’hui, nous arrivons même à deux semaines sans voir une goutte d’eau dans nos robinets », déplore-t-il.

L’eau désormais vendue à prix élevé

La pénurie a également favorisé le développement de la vente d’eau par des camions-citernes dans certains quartiers de Bagira.

Olivier Batumike affirme que cette pratique était inhabituelle dans cette partie de la commune. Il s’inquiète surtout du poids financier que représente désormais l’achat quotidien d’eau pour des ménages déjà confrontés à des difficultés économiques.

« La situation économique est très mauvaise actuellement dans la ville. Arriver à sortir 5.000 francs par jour pour avoir de l’eau, alors que cet argent devrait répondre à d’autres besoins des ménages, c’est tellement désolant », insiste-t-il.

Il appelle ainsi la REGIDESO à mettre en place des mécanismes permettant de rétablir une desserte régulière et de limiter les conséquences de cette pénurie.

Une situation qui inquiète en pleine période d’Ebola

Pour la société civile, le manque d’eau constitue également un risque sanitaire important. Cette situation intervient alors que la République démocratique du Congo fait face à la résurgence de la maladie à virus Ebola, dans un contexte où les autorités sanitaires insistent sur l’importance de l’hygiène et du lavage régulier des mains.

Olivier Batumike estime que l’absence d’eau potable pourrait exposer davantage les habitants aux maladies liées au manque d’hygiène, notamment durant la saison sèche.

« Il est demandé que la propreté soit au centre, et cela doit se faire avec de l’eau propre. Plus encore pendant la saison sèche, on observe toujours des problèmes de maladies des mains sales comme le choléra. Le manque d’eau expose davantage la population à ces maladies », alerte-t-il.

Des femmes et des enfants parcourent plusieurs kilomètres

La pénurie affecte particulièrement les femmes, les jeunes filles et les enfants, qui seraient contraints de parcourir de longues distances pour trouver de l’eau.

Certains habitants affirment que des femmes et des enfants se rendent jusque dans des zones de Kabare, parfois très tôt le matin, pour s’approvisionner.

Cette situation suscite également des inquiétudes sécuritaires, alors que l’Est de la RDC reste marqué par une situation sécuritaire fragile.

Pour la Société Civile, l’accès à l’eau potable ne devrait donc pas être considéré uniquement comme une question de confort, mais comme une urgence sanitaire, sociale et sécuritaire nécessitant une réponse rapide des services compétents.

Sylvie Bahati

Share.
Leave A Reply

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.