Moïse Katumbi, président du parti politique Ensemble pour la République et membre de la coalition C-64, annonce l’arrivée prochaine à Goma d’une délégation de l’opposition congolaise pour une rencontre avec l’ancien président Joseph Kabila, présenté comme dirigeant du mouvement Front pour la refondation de la nation (FRN).

Selon Moïse Katumbi, Martin Fayulu et d’autres leaders de l’opposition devraient d’abord rencontrer le président de la République, Félix Tshisekedi, avant de se rendre à Goma pour échanger avec Joseph Kabila.

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Le président de Ensemble pour la République affirme que la coalition C-64 entend défendre la Constitution et s’opposer à toute initiative visant à la modifier pour permettre à Félix Tshisekedi de se maintenir au pouvoir.

« Nous, nous sommes la coalition C-64. Nous protégeons notre Constitution. Nous ne pouvons jamais accepter que personne ne marche sur notre Constitution, que ce soit le président Tshisekedi, qui veut se maintenir au pouvoir, parce que nous avons combattu les changements de la Constitution avec lui », a-t-il déclaré.

Moïse Katumbi précise que la démarche de la coalition vise à privilégier une voie politique, sans recours aux armes, pour défendre la Constitution et favoriser la réconciliation entre les Congolais.

Il dénonce également ce qu’il considère comme une différence de traitement entre les opposants qui souhaitent se rendre à Goma pour consulter le FRN et les représentants du gouvernement congolais qui participent à des négociations avec ce même mouvement, notamment à Doha et à Washington.

« Le même gouvernement congolais continue à négocier avec, je crois que c’est le FRN. Ils seront à Doha. Donc, eux, ils acceptent, pour eux c’est normal, ils peuvent parler à tout le monde, mais ils interdisent aux autres Congolais. Je crois que ce n’est pas correct », a-t-il regretté.

En réaction à ces déclarations, le vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Jacquemain Shabani, a rappelé que toute démarche politique visant à rencontrer les acteurs du conflit dans les territoires occupés doit, selon lui, s’inscrire dans le cadre défini par l’État.

« Depuis plus de trois ans, la RDC fait face à l’agression de l’armée rwandaise et de ses supplétifs, qui occupent une partie du Nord-Kivu et du Sud-Kivu et y endeuillent nos populations. Le retour de la paix dans l’Est est la priorité du Gouvernement. Mais aucun acteur politique ne peut aller à la rencontre de l’agresseur dans les territoires occupés en dehors du cadre fixé par l’État. La recherche de la paix doit s’inscrire dans le respect des lois de la République et de ses institutions légitimes et légalement établies », a-t-il déclaré.

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Jacquemain Shabani a notamment invoqué l’article 192 du Code pénal congolais, livre II, qui prévoit des peines de servitude pénale d’un à cinq ans pour certaines relations ou correspondances entretenues, en temps de guerre et sans autorisation du gouvernement, avec les sujets ou agents d’une puissance ennemie.

Le ministre a également fait référence aux articles 6, 29 et 31 de la loi n° 04/002 portant organisation et fonctionnement des partis politiques, sans toutefois en détailler les dispositions dans sa réponse.

Trésor Wilondja

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