La situation sécuritaire et humanitaire se dégrade dans la chefferie de Kaziba, en territoire de Walungu, au Sud-Kivu. Plus de 12.000 ménages ont fui leurs domiciles depuis la reprise des affrontements armés le 12 octobre 2026, selon une alerte publiée ce lundi 2 novembre par la Société civile du Sud-Kivu.

Dans son communiqué signé à Uvira par sa présidente, Me Néné Bintu Iragi, la structure indique que les combats opposent les éléments de la coalition AFC-M23, désignée désormais sous l’appellation FRN dans le document, aux combattants Wazalendo et aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).

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D’après la Société Civile, les affrontements, marqués par l’utilisation d’armes lourdes et de drones, ont débuté dans les localités de Miti-Mbili, Kasigalire, Kashozi, Chemba et Nyamubula, avant de s’étendre à Chirimiro et Budali.

Ces deux dernières entités seraient devenues des foyers de pillages, touchant également des habitations abritant des églises, alors qu’elles servaient de lieux de refuge à des populations civiles fuyant les combats.

La société civile rapporte que les violences ont provoqué le déplacement de plus de 12.000 ménages vers les chefferies de Luhwinja, Burhinyi, Bafuliro et Ngweshe, ainsi que vers la ville de Bukavu.

Elle fait également état de plusieurs conséquences humanitaires : des élèves privés d’accès à leurs établissements scolaires, des civils tués par des balles perdues, des blessés, des perturbations du transport entre Kaziba et Nyangezi, ainsi que des marchés affectés. Des cas présumés de viols auraient également été signalés.

Les localités de Muhumba, Ntagereka et Kahungwe, situées à la limite entre la chefferie de Kaziba et celle des Bafuliro, figurent aussi parmi les zones particulièrement touchées, selon cette structure citoyenne.

Une alerte dans un contexte de commémoration

La Société civile du Sud-Kivu souligne que cette reprise des violences intervient dans une période de commémoration des massacres de Kaziba, au cours desquels plus de 250 civils auraient été tués le 28 octobre 1996, soit trente ans plus tôt.

Elle déplore l’absence de réparations pour les victimes et les survivants de ces massacres, ainsi que la persistance de violences dans la région.

Dans son communiqué, elle exprime également son inquiétude face à la situation des processus de paix de Doha et de Washington, qu’elle estime au point mort, alors que le dialogue national inclusif réclamé par plusieurs acteurs tarde à se concrétiser.

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La structure signale par ailleurs des mouvements de panique à Katogota et l’arrivée, depuis le 1er novembre, de personnes déplacées de cette localité à Kamanyola. Elle évoque également de nouvelles menaces présumées contre la ville d’Uvira et des risques d’affrontements dans la plaine de la Ruzizi.

Face à cette situation, la Société civile du Sud-Kivu exige le respect du cessez-le-feu et la protection des populations civiles. Elle appelle également à la tenue d’un dialogue national inclusif afin de prévenir de nouvelles pertes en vies humaines.

Elle sollicite enfin une assistance humanitaire urgente en faveur des milliers de ménages contraints de fuir leurs habitations.

Jean-Luc M.

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