Des réactions continuent d’être enregistrées après la déclaration du président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, affirmant qu’il n’y aura pas d’élections en 2028 si la guerre persiste dans l’est du pays.
Le chef de l’État a fait cette déclaration mercredi 6 mai 2026 lors d’une conférence de presse organisée à la Cité de l’Union africaine à Kinshasa, au cours d’un échange de plus de deux heures avec des journalistes nationaux et internationaux.
À la suite de cette sortie médiatique, plusieurs acteurs politiques ont réagi au micro de La Prunelle RDC asbl ce vendredi 8 mai 2026.
Pour John Karume, président national adjoint de la plateforme « Gardien du Temple », cette déclaration risque d’encourager la prolongation du conflit dans l’est de la RDC.
« Dire qu’il n’y aura pas d’élections tant qu’il y aura la guerre constitue une déclaration grave contre le peuple congolais. Tant qu’il n’y a pas d’élections, il reste président de la République et continue de jouir des privilèges liés à sa fonction », estime-t-il.
Selon lui, cette situation traduirait également une absence de volonté politique de mettre fin à la guerre. Il accuse le pouvoir de bloquer différents processus de dialogue et mécanismes de sortie de crise.
« Tous les processus de dialogue sont boycottés. Cela maintient le pays dans une crise permanente dont certains profitent politiquement », ajoute-t-il.
À l’inverse, Théodore Mseme considère les propos du président comme logiques au regard de la situation sécuritaire dans l’est du pays.
Pour lui, organiser des élections sans la participation du Nord-Kivu et du Sud-Kivu reviendrait à exclure une partie du territoire national du processus démocratique.
« Organiser les élections dans 26 provinces sans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu reviendrait à consacrer une forme de division du pays. Pour qu’il y ait des élections en 2028, toutes les provinces doivent participer », soutient-il.
Ces réactions illustrent les divergences d’opinions autour des enjeux sécuritaires et démocratiques en RDC, alors que l’insécurité continue de perturber plusieurs zones de l’est du pays.
