Le chef de la MONUSCO, James Swan, appelle à renforcer la coopération opérationnelle entre la mission des Nations unies et les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) face à la persistance de la menace des Forces démocratiques alliées (ADF) dans le Grand Nord-Kivu.
Le Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU en RDC s’est entretenu mercredi 23 septembre 2026 à Beni avec le vice-gouverneur du Nord-Kivu, le commissaire divisionnaire Louis Segond Karawa. Les échanges ont notamment porté sur la situation sécuritaire dans plusieurs zones de la province, les attaques attribuées aux ADF et les déplacements de populations qui en résultent.
À l’issue de la rencontre, James Swan a souligné que la menace des ADF demeure particulièrement préoccupante et que les populations civiles continuent de subir les conséquences des attaques, des déplacements forcés et de l’insécurité persistante.
Près de 4.900 patrouilles conjointes
Le chef de la MONUSCO a insisté sur la nécessité de maintenir une coopération concrète, régulière et orientée vers les résultats avec les forces de sécurité congolaises.
Cette coopération concerne notamment le partage d’informations, la coordination opérationnelle, les patrouilles et l’anticipation des menaces.
« Cette coopération est essentielle et doit rester concrète, régulière et orientée vers les résultats : échanges des informations, coordination opérationnelle, patrouilles, anticipation des menaces et protection des zones les plus exposées », a déclaré James Swan.
Selon les chiffres communiqués par le responsable onusien, près de 4.900 patrouilles conjointes MONUSCO-FARDC ont été menées entre janvier et septembre 2026 dans la région de Beni, dans le secteur couvert par la brigade d’intervention de la Force.
Malgré cette activité opérationnelle, James Swan estime que davantage d’efforts restent nécessaires pour faire face à la menace des ADF.
La protection des civils au centre de la réponse
Pour la MONUSCO, le renforcement de la coopération avec les forces congolaises doit notamment permettre de mieux anticiper les attaques et d’intervenir rapidement lorsque des populations sont menacées.
James Swan a ainsi insisté sur le maintien d’une posture « robuste, mobile et réactive » de la mission à Beni, ainsi que sur le renforcement des mécanismes d’alerte précoce et des capacités d’intervention rapide.
« Notre objectif est de travailler ensemble pour anticiper les menaces, dissuader les attaques et agir le plus tôt possible afin de protéger les populations civiles », a-t-il déclaré.
La MONUSCO rappelle que la protection des civils constitue une priorité de son action dans les zones affectées par l’insécurité.
Les autorités provinciales disposées à poursuivre la collaboration
De son côté, le vice-gouverneur du Nord-Kivu, le général Louis Segond Karawa, a salué la teneur des échanges avec le chef de la MONUSCO et réaffirmé, selon le compte rendu de la rencontre, la disponibilité des autorités provinciales à poursuivre leur collaboration avec la mission des Nations unies.
La rencontre de Beni intervient alors que plusieurs zones du Grand Nord-Kivu restent confrontées à l’activisme attribué aux ADF et à ses conséquences humanitaires, notamment les déplacements de populations.
Outre les questions sécuritaires, James Swan a également évoqué à Beni l’évolution de l’épidémie d’Ebola dans la partie nord du Nord-Kivu et salué la mobilisation des autorités congolaises, de l’OMS et des partenaires humanitaires dans la riposte.
La MONUSCO entend ainsi poursuivre sa collaboration avec les autorités et les forces de sécurité congolaises afin de renforcer l’anticipation des menaces et la protection des populations civiles dans les zones exposées.
