Le projet d’installation d’un poste militaire au pont Mobale, à Kamituga, suscite des interrogations sur la procédure administrative à suivre et les risques de tracasseries envers la population civile. Dans une lettre datée du 5 novembre 2026, le maire intérimaire, Alexandre Faraja Yogolelo, a sollicité la mise à disposition d’éléments des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) pour renforcer la sécurité à cet endroit stratégique.

Cette demande intervient dans un contexte marqué par la recrudescence de l’insécurité et la présence signalée d’hommes armés sur certains axes d’entrée et de sortie de la ville. Selon l’autorité urbaine, la démarche fait suite aux recommandations du Conseil local de sécurité, réuni en sessions élargie et restreinte les 28 octobre et 3 novembre 2026.

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Dans sa correspondance adressée au commandant du 3306ᵉ régiment des FARDC, le maire intérimaire évoque la nécessité de contrôler les mouvements de la population et de prévenir les agissements de bandits armés non identifiés qui, après avoir opéré dans la ville, emprunteraient fréquemment cet axe.

Cependant, cette initiative est contestée par Me Ishukwe Wabenga Jean, qui estime que la démarche du maire présente des irrégularités sur le plan procédural et institutionnel.

Dans son analyse, cet avocat relève une confusion entre une demande de renforcement de la sécurité relevant de la Police nationale congolaise (PNC) et l’installation d’un poste militaire des FARDC. Il estime que, sauf cas d’urgence, une demande de renforcement des dispositifs policiers devrait être adressée au gouverneur de province.

S’agissant de l’installation d’une unité ou d’un poste militaire, Me Ishukwe invoque la loi n° 11/012 du 11 août 2011 portant organisation et fonctionnement des FARDC. Il rappelle que, conformément aux articles 12 et 18 de cette loi, l’installation, le déplacement ou la suppression d’une unité ou d’un poste militaire relèveraient de la compétence de l’État-Major général des FARDC, sur ordre du ministre de la Défense et sur proposition du commandant de la région militaire.

Sur cette base, il estime que si le maire intérimaire juge nécessaire l’installation d’un poste militaire au pont Mobale, il devrait d’abord saisir le gouverneur de province, chargé d’apprécier la situation et, le cas échéant, de transmettre la demande aux autorités militaires compétentes.

Au-delà de la procédure, Me Ishukwe exprime également des craintes quant aux conséquences possibles de cette initiative sur les habitants. Il redoute que le nouveau poste militaire ne se transforme en une barrière donnant lieu à des tracasseries à l’encontre des civils.

La suite réservée à cette demande par les autorités provinciales et militaires reste donc attendue, alors que la question de la sécurité sur les axes stratégiques de Kamituga demeure une préoccupation pour les habitants.

Abdallah Mapenzi

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