Des mouvements citoyens et groupes de pression appellent la population de Beni, de Butembo et des territoires de Beni et de Lubero, au Nord-Kivu, à observer deux journées sans activités les jeudi 15 et vendredi 16 octobre 2026. Cette mobilisation vise notamment à réclamer la libération de Clovis Mutsuva et de Hassa Paluku Mahamba, la fin de certaines perceptions de taxes, ainsi que des éclaircissements sur la gestion des fonds publics, notamment ceux destinés à la riposte contre Ebola.
Les organisateurs invitent les habitants à rester chez eux afin de faire entendre pacifiquement leurs revendications. Ils affirment vouloir attirer l’attention des autorités sur plusieurs préoccupations sécuritaires, judiciaires, sanitaires et financières qui touchent la population du Grand Nord-Kivu.
« Nous demandons à la population de rester à la maison afin de faire entendre pacifiquement ses revendications », déclarent-ils.
Les taxes et la sécurité au cœur des revendications
Dans leur déclaration, les mouvements citoyens dénoncent la poursuite de certaines perceptions de taxes à Beni et à Butembo alors que, selon eux, la sécurité n’est pas suffisamment garantie.
« Il n’est pas normal de continuer à percevoir certaines taxes alors que la sécurité n’est pas garantie », estiment-ils, appelant les autorités à prendre des mesures concrètes pour répondre aux préoccupations des habitants.
La libération de Clovis Mutsuva et de Hassa Paluku Mahamba figure également parmi les principales revendications des organisateurs, qui demandent aux autorités concernées de répondre à leurs exigences.
Des interrogations sur la gestion des fonds de la riposte contre Ebola
Les mouvements citoyens expriment par ailleurs des inquiétudes concernant la gestion des ressources affectées à la lutte contre l’épidémie d’Ebola. Ils accusent certains responsables de détourner des fonds destinés aux activités de sensibilisation et de riposte. Ces accusations restent à vérifier auprès des services concernés.
« Nous voulons que toute la lumière soit faite sur la gestion de ces fonds », indiquent les organisateurs.
En conséquence, ils annoncent qu’ils ne collaboreront pas avec l’équipe de riposte contre Ebola tant que la gestion de ces ressources ne sera pas clarifiée, selon leurs exigences.
« Notre position pourra évoluer lorsque les autorités auront fourni des explications claires et crédibles », précisent-ils.
Cette prise de position intervient alors que les activités de sensibilisation et de surveillance restent importantes pour limiter la propagation de la maladie. Les conséquences de cette annonce sur le déroulement des opérations de riposte ne sont pas précisées.
Les travaux routiers et les ponts également concernés
Les organisateurs demandent aussi au gouverneur du Nord-Kivu de s’expliquer sur les retards dans l’achèvement de certains travaux de construction et de réhabilitation des ponts et des routes. Ils affirment que les fonds prévus pour ces chantiers auraient déjà été décaissés et réclament des éclaircissements sur leur utilisation.
« La population a le droit de savoir où sont passés les moyens destinés à ces travaux », déclarent-ils.
Ils souhaitent ainsi que les autorités apportent des réponses sur l’état d’avancement des travaux et sur l’utilisation des ressources publiques mobilisées pour ces infrastructures.
Écoles, transports et services publics concernés
Pour donner du poids à leur mobilisation, les mouvements citoyens appellent les habitants de Beni, de Butembo et des environs à observer les deux journées sans activités.
Ils demandent notamment aux conducteurs de taxis de ne pas circuler, aux établissements scolaires de garder leurs portes fermées et au maire de fermer les bureaux de la mairie.
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À travers cette action, les organisateurs espèrent obtenir des réponses des autorités sur les questions sécuritaires, judiciaires, sanitaires et financières soulevées dans leur déclaration.
« Nous espérons que les autorités entendront ce message et engageront rapidement un dialogue avec les représentants de la population », concluent-ils.
