Le Mouvement des Sociétés Civiles du Congo (MSCO), coordination de Ziralo, exige la libération immédiate et sans condition de Nzii Malikano, un pharmacien exerçant à Numbi, dans le territoire de Kalehe, au Sud-Kivu, dont la disparition présumée après un enlèvement rapporté le 9 octobre 2026 suscite des inquiétudes.
Dans une alerte humanitaire publiée le 11 octobre, cette structure appelle les autorités civiles et militaires ainsi que les organisations humanitaires et de défense des droits humains à intervenir en urgence pour le localiser, vérifier son état de santé et faire la lumière sur les circonstances de cette affaire.
Selon les informations communiquées par le MSCO, Nzii Malikano aurait été enlevé à Numbi le 9 octobre par des individus non autrement identifiés. Il aurait ensuite été transféré à Minova le 10 octobre, avant d’être conduit à Goma le 11 octobre.
Les circonstances de ces déplacements présumés restent à éclaircir. À ce stade, la coordination de Ziralo affirme ne disposer d’aucune information précise sur le lieu où le pharmacien serait détenu, les motifs de sa privation présumée de liberté ou son état de santé physique.
Face à cette situation, le MSCO demande une intervention rapide afin de prévenir toute atteinte à son intégrité physique et de permettre à ses proches d’obtenir des informations fiables sur son sort. La structure rappelle que Nzii Malikano exerce une profession essentielle à la prise en charge sanitaire de la population de Numbi, qui dépend notamment de l’accès aux services de santé.
Le CICR, le BCNUDH et la MONUSCO interpellés
Dans son alerte, le MSCO sollicite l’intervention de plusieurs organisations nationales et internationales susceptibles de contribuer à la protection des droits fondamentaux du pharmacien.
Il s’adresse notamment au Comité international de la Croix-Rouge (CICR), auquel il demande de mobiliser les mécanismes appropriés pour obtenir des informations sur le lieu de détention de Nzii Malikano et vérifier ses conditions de prise en charge, notamment sur le plan sanitaire.
La coordination de Ziralo interpelle également le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) et la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO). Elle leur demande de s’intéresser au dossier, de documenter les faits rapportés et de contribuer aux démarches visant à garantir le respect des droits du pharmacien.
Pour le MSCO, les priorités sont d’établir où se trouve Nzii Malikano, de connaître les raisons de sa privation présumée de liberté et de s’assurer qu’il bénéficie de la protection prévue par les dispositions légales en vigueur.
Un appel aux autorités du Sud-Kivu et du Nord-Kivu
Le mouvement appelle également les autorités civiles et militaires du Sud-Kivu et du Nord-Kivu à s’impliquer dans les recherches pour retrouver le pharmacien. Il leur demande de contribuer à sa localisation et de clarifier les circonstances de son enlèvement présumé ainsi que les transferts successifs rapportés entre Numbi, Minova et Goma.
La structure insiste sur la nécessité d’établir les faits, d’identifier les personnes éventuellement impliquées et de déterminer les motifs de cette situation dans le respect des procédures légales.
Selon le MSCO, l’absence d’informations sur le sort de Nzii Malikano accentue les inquiétudes de ses proches et de la communauté qui bénéficiait de ses services. Il appelle ainsi les autorités concernées à privilégier une réponse rapide et transparente, respectueuse des droits humains.
Le MSCO réclame l’accès de sa famille et de ses avocats
Dans son alerte du 11 octobre 2026, la coordination de Ziralo formule plusieurs exigences. Elle réclame, en premier lieu, la libération immédiate et sans condition de Nzii Malikano.
Elle demande ensuite que sa famille, ses avocats et les acteurs humanitaires concernés puissent accéder à lui afin de s’enquérir de sa situation et de vérifier son état de santé.
Le MSCO insiste également sur le respect de sa dignité, de son intégrité physique et des garanties judiciaires consacrées par les lois de la République démocratique du Congo. Il rappelle que toute privation de liberté doit s’inscrire dans le cadre légal applicable et respecter les droits de la personne concernée.
Des circonstances qui restent à établir
Plusieurs questions demeurent sans réponse : où se trouve exactement Nzii Malikano ? Pour quels motifs aurait-il été enlevé puis transféré vers Goma ? Ses proches ont-ils pu entrer en contact avec lui ? Quelles autorités ou quels services sont en mesure de fournir des informations vérifiables sur sa situation ?
En attendant des éclaircissements, le Mouvement des Sociétés Civiles du Congo, coordination de Ziralo, maintient son appel à une intervention urgente des autorités et des organisations de défense des droits humains. Il demande que tout soit mis en œuvre pour localiser le pharmacien, garantir son intégrité physique, permettre à ses proches de lui rendre visite et clarifier les circonstances de sa disparition présumée.
Le MSCO réaffirme ainsi son exigence : que la lumière soit faite sur le sort de Nzii Malikano et que ses droits fondamentaux soient pleinement respectés.
Daniel Mupole
