Au moins cinq personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées vendredi 7 août 2026 après l’explosion d’un engin explosif dans le centre de Lumbishi, dans les hauts plateaux du territoire de Kalehe, au Sud-Kivu. Des dégâts matériels importants ont également été signalés. Le bilan reste provisoire et pourrait évoluer, tandis que l’AFC-M23 affirme de son côté que neuf civils ont été tués dans le bombardement du marché de Lumbishi. Ces informations n’ont pas pu être vérifiées de manière indépendante.
L’explosion est survenue alors que de nouveaux affrontements opposaient, depuis les premières heures de la matinée, des combattants Wazalendo, alliés aux Forces Armées de la République démocratique du Congo aux troupes de l’AFC-M23 dans plusieurs villages du groupement de Ziralo.
Selon des sources locales, l’engin explosif aurait été largué depuis la zone de Ziralo, où les combats étaient signalés, avant d’atteindre le centre de Lumbishi, où les activités commerciales avaient déjà commencé.
Une forte explosion a été entendue dans la matinée. Les premières informations locales font état d’au moins cinq morts, de plusieurs blessés et de dégâts matériels importants. Les circonstances exactes de l’explosion, notamment l’origine de l’engin et l’auteur du bombardement, restent toutefois à établir de manière indépendante.
Les personnes blessées ont été conduites au centre hospitalier de Numbi, où elles ont été prises en charge.
Des affrontements signalés dans plusieurs villages de Ziralo
Cette explosion intervient dans un contexte de forte dégradation de la situation sécuritaire dans les hauts plateaux de Kalehe.
Des combats ont notamment été signalés dans les villages de Katale, Chabikere et Mpanama, tandis que la tension est restée élevée dans plusieurs autres localités, notamment Chambombo, Chitasungulwa et Lumbishi, dans le groupement de Ziralo.
Face à la poursuite des affrontements et aux tirs, plusieurs habitants ont commencé à quitter leurs villages à la recherche de zones considérées comme plus sûres.
Le mouvement de population concerne également des commerçants qui s’étaient rendus dans la région vendredi matin pour se ravitailler. Plusieurs dizaines d’entre eux auraient été contraints d’interrompre leurs activités et de rebrousser chemin en raison de la reprise des combats et de la persistance de l’insécurité.
Cette nouvelle vague de déplacements intervient alors que les populations des hauts plateaux de Kalehe sont déjà confrontées depuis plusieurs mois à des déplacements successifs liés aux affrontements entre groupes armés.
L’AFC-M23 avance un bilan de neuf morts
Dans une communication sur X (anciennement Twitter) présentée comme une « mise à jour sur la guerre imposée par le régime de Kinshasa », le porte-parole de l’AFC-M23 affirme que le bilan du bombardement du marché de Lumbishi s’est alourdi à neuf morts parmi les civils.
Selon cette version, les bombardements auraient été menés le vendredi 7 août contre le marché à l’aide de mortiers de 82 mm. Le mouvement armé affirme également que plusieurs personnes ont été blessées et que de nombreuses familles ont quitté leurs habitations à la suite des tirs.
« Le bilan provisoire du bombardement perpétré […] contre le marché de Lumbishi […] ne cesse de s’alourdir. Le nombre de victimes civiles s’élève désormais à 9 morts », affirme Lawrence Kanyuka, le chef du Département de la Communication, Médias, Postes et Télécommunications et porte-parole de l’AFC-M23.
L’AFC-M23 accuse les « forces coalisées du régime de Kinshasa » d’être responsables des bombardements et dénonce ce qu’il qualifie d’attaques contre des zones densément peuplées.
« Ces attaques récurrentes contre des zones densément peuplées et des populations civiles constituent de graves violations du droit international humanitaire », soutient le mouvement, qui affirme vouloir assurer la protection des populations civiles.
Ces accusations n’ont pas pu être vérifiées indépendamment.
Un autre incident signalé à Masisi
Dans la même communication, l’AFC-M23 rapporte également une attaque qui aurait été menée vendredi 7 août vers 20 heures 20 contre le village de Luki, dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu.
Le mouvement affirme que cette attaque aurait causé la mort d’un habitant présenté comme Nkurunziza Sebahizi et grièvement blessé un autre civil.
Là encore, ces informations restent à confirmer par des sources indépendantes.
L’AFC-M23 affirme que ces événements illustrent, selon lui, une intensification des attaques contre les zones habitées et réaffirme son engagement à mettre en place un périmètre de sécurité autour des populations sous son contrôle.
Une situation humanitaire qui se dégrade
Au-delà du bilan humain de l’explosion, la reprise des affrontements à Ziralo et les déplacements qui en découlent font craindre une nouvelle aggravation de la situation humanitaire dans les hauts plateaux de Kalehe.
Les populations civiles sont confrontées à la peur, à la perte de leurs biens et à la difficulté d’accéder aux services essentiels dans un environnement marqué par des affrontements récurrents.
L’arrivée de nouveaux déplacés dans les zones jugées plus sûres risque également d’accroître la pression sur les communautés d’accueil et sur les structures sanitaires déjà limitées.
