À l’occasion de la Journée de l’enfant africain célébrée ce 16 juin 2026, l’artiste plasticien et défenseur des droits de l’enfant Kyungu Mukuta Steve a lancé un vibrant plaidoyer en faveur de la protection des enfants, dénonçant les multiples violences dont ils continuent d’être victimes en République démocratique du Congo et dans plusieurs régions du continent africain.

Dans son message, l’artiste rappelle que cette journée commémore le massacre de Soweto du 16 juin 1976 en Afrique du Sud, où des centaines d’enfants avaient été tués alors qu’ils manifestaient pour leur droit à une éducation de qualité. Cinquante ans après cet événement historique, il estime que la situation des enfants demeure préoccupante, particulièrement en RDC.

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« Les voix des enfants continuent de crier dans le silence total des décideurs », déplore-t-il.

Kyungu Mukuta Steve affirme que de nombreux enfants restent exposés à diverses formes de violences, notamment les viols, les enlèvements, le recrutement forcé dans les groupes armés, les mutilations ainsi que d’autres atteintes graves à leurs droits fondamentaux. Bien qu’il ne cite pas de chiffres précis à l’échelle mondiale, il souligne que les rapports des Nations Unies et des organisations de défense des droits humains continuent de faire état d’une situation alarmante en RDC.

Selon lui, les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu demeurent particulièrement touchées par ces violations. Depuis plus de trois décennies, des milliers d’enfants y subissent les conséquences des conflits armés et de l’insécurité persistante.

Le défenseur des droits de l’enfant s’interroge notamment sur la participation de certains groupes armés aux processus de négociation alors qu’ils sont accusés de graves exactions contre les populations civiles.

« Comment peut-on prétendre défendre sa communauté en utilisant les armes contre elle et en violant les droits des enfants ? », questionne-t-il.

Au-delà des provinces de l’Est, Kyungu Mukuta Steve estime que les difficultés auxquelles sont confrontés les enfants concernent l’ensemble du pays. Il évoque les tensions communautaires dans certaines régions du Sud-Est, la pauvreté et l’enclavement dans le centre du pays ainsi que les tensions politiques observées dans l’Ouest, autant de facteurs qui affectent directement les conditions de vie des enfants.

Pour lui, l’intérêt supérieur de l’enfant est trop souvent relégué au second plan alors qu’il constitue un enjeu majeur pour l’avenir du pays. « L’enfant négligé aujourd’hui sera l’adulte de demain », rappelle-t-il.

Face à cette situation, l’artiste appelle les autorités, les organisations de défense des droits humains et l’ensemble de la société à renforcer leur engagement pour protéger les enfants. Il condamne notamment la recrudescence des violences sexuelles, le recrutement et l’utilisation d’enfants par les groupes armés, les mutilations, la stigmatisation, l’impunité persistante ainsi que les dispositions légales qui, selon lui, ne garantissent pas suffisamment les droits fondamentaux des enfants.

Parmi les pistes de solutions proposées, Kyungu Mukuta Steve plaide pour la mise en œuvre d’une justice transitionnelle, l’application de sanctions contre les auteurs de crimes commis contre les enfants, la réparation en faveur des victimes ainsi que le respect strict des instruments juridiques relatifs aux droits de l’enfant.

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Il insiste également sur la nécessité de garantir à tous les enfants un accès adéquat à l’eau potable, à l’assainissement et à l’hygiène, qu’il considère comme des conditions essentielles à leur développement et à leur bien-être.

À travers ce plaidoyer, l’artiste entend sensibiliser l’opinion publique et les décideurs à l’urgence de replacer les droits et la protection des enfants au centre des priorités nationales. Malgré la gravité du constat, il conclut son message sur une note d’espoir :

« Que vive l’enfant du monde, que vive l’enfant africain, que vive l’enfant congolais. »

Abdallah Mapenzi

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