À l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence sexuelle en temps de conflit, célébrée ce 19 juin, plusieurs organisations de défense des droits de l’enfant au Sud-Kivu tirent la sonnette d’alarme sur la sous-déclaration persistante des violences sexuelles commises contre les filles et les garçons dans l’Est de la République démocratique du Congo. Elles dénoncent un silence entretenu par la peur, la honte, les menaces et la faible confiance accordée aux mécanismes de justice et de protection, tout en appelant à des actions urgentes pour mieux protéger les victimes.

Selon ces organisations, de nombreux cas échappent aux systèmes de prise en charge, notamment dans les zones affectées par les conflits armés, où les enfants figurent parmi les populations les plus vulnérables.

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Pour Steve Bahogwerhe, point focal provincial du Bloc Citoyen Amani au Sud-Kivu, la peur, les tabous et l’impunité contribuent à maintenir des milliers d’enfants victimes dans l’invisibilité.

« Certains enfants n’ont pas toujours les moyens de dénoncer ce qu’ils ont subi, surtout lorsqu’ils vivent dans des situations de vulnérabilité ou de déplacement. Ils dépendent encore des personnes qui peuvent être impliquées dans leur silence », explique-t-il.

Il souligne également que certaines familles préfèrent cacher les violences subies par leurs enfants, par crainte du regard de la société ou pour éviter la honte.

« Les conflits armés ont fragilisé beaucoup de communautés. Les enfants sont souvent parmi les premières victimes, mais leur voix est parfois moins entendue », ajoute-t-il.

Selon lui, les violences sexuelles en période de conflit entraînent de lourdes conséquences, notamment des infections sexuellement transmissibles, des grossesses précoces ainsi que d’importants traumatismes psychologiques.

De son côté, Merveille Boroto, chargée de communication de l’organisation Eden World Foundation, estime que plusieurs facteurs expliquent l’insuffisance des réponses face à ce phénomène.

Elle cite notamment le faible niveau de sensibilisation sur les droits de l’enfant, l’impunité dont bénéficient certains auteurs, la faiblesse des mécanismes de protection et d’accompagnement des victimes, le manque d’implication des médias et des institutions ainsi que la pauvreté et l’effondrement des repères sociaux aggravés par les conflits armés.

« Une violence subie dans l’enfance laisse des blessures physiques, psychologiques et émotionnelles durables », affirme-t-elle, précisant que ces traumatismes affectent la scolarité, le développement ainsi que la capacité de reconstruction des enfants victimes.

« Eden World Foundation croit que chaque voix compte dans la lutte contre les violences faites aux enfants. Chaque enfant doit pouvoir vivre dans un environnement où ses droits sont réellement respectés », insiste l’organisation.

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Face à cette situation, les organisations de protection de l’enfance appellent à renforcer les mécanismes de prévention, à améliorer l’écoute et la prise en charge des victimes, à sanctionner sévèrement les auteurs et à consolider les systèmes de protection de l’enfance.

Cette année, la Journée internationale pour l’élimination de la violence sexuelle en temps de conflit est placée sous le signe de la protection des enfants victimes de ces crimes. Les Nations Unies mettent particulièrement l’accent sur les filles et les garçons qui subissent le viol, l’esclavage sexuel, le mariage forcé et la traite des êtres humains dans les zones de guerre.

Divine Busime

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