Plus de deux semaines après la découverte de dix-sept corps sans vie dans le village de Kidini, en chefferie des Walese-Karo, territoire de Mambasa (Ituri), les victimes n’ont toujours pas été inhumées. Une situation qui suscite l’indignation des organisations de défense des droits humains et accentue la détresse des familles des disparus.
L’ONG de défense des droits humains Protection Plus a dénoncé ce lundi 8 juin ce qu’elle considère comme une atteinte grave à la dignité humaine. L’organisation estime que l’absence de sépulture pour ces victimes prolonge la souffrance des proches et constitue une urgence humanitaire qui nécessite une intervention immédiate des autorités.
Selon les informations recueillies par l’ONG, les dix-sept corps avaient été découverts le 23 mai dernier dans le village de Kidini, situé dans le groupement Andifele. Cette zone de la chefferie des Walese-Karo est régulièrement touchée par l’insécurité et les attaques attribuées aux combattants des Forces démocratiques alliées (ADF).
Pour Protection Plus, le respect dû aux personnes décédées ne peut être ignoré, quelles que soient les circonstances sécuritaires.
« Nous insistons sur le fait que le respect des morts est un devoir fondamental de toute société civilisée. Laisser des corps sans sépulture constitue une blessure profonde pour la dignité humaine et la mémoire collective », a déclaré un responsable de l’organisation.
L’ONG appelle les autorités compétentes à prendre des mesures urgentes afin de permettre l’inhumation digne et sécurisée des victimes. Elle estime que cette démarche est indispensable non seulement pour honorer la mémoire des disparus, mais également pour permettre aux familles d’entamer leur processus de deuil.
Au-delà de la question des sépultures, Protection Plus plaide également pour un renforcement de la sécurité dans cette partie du territoire de Mambasa. L’organisation demande aux autorités militaires et administratives d’accroître les mécanismes de protection des populations civiles exposées aux violences armées.
Selon plusieurs observateurs locaux, cette situation illustre les conséquences humanitaires persistantes de l’insécurité qui frappe depuis plusieurs années certaines zones de l’Ituri. Les communautés affectées continuent de faire face aux déplacements forcés, aux pertes humaines et à la difficulté d’accéder à une prise en charge appropriée après les attaques.
Pour Protection Plus, l’absence d’inhumation des dix-sept victimes envoie un signal inquiétant aux populations locales, qui ont le sentiment que la tragédie se poursuit même après la mort de leurs proches.
En attendant une réaction officielle des autorités, les familles concernées restent dans l’attente d’une solution qui permettrait enfin d’offrir une sépulture digne aux victimes et de tourner une page douloureuse de ce drame.
