La République démocratique du Congo (RDC) a appelé le Conseil de sécurité des Nations unies à passer des condamnations diplomatiques à des mesures concrètes pour mettre fin au conflit dans l’est du pays. Lors d’une réunion consacrée à la région des Grands Lacs, le mardi 13 octobre 2026, son représentant permanent a exigé l’application intégrale de la résolution 2773, notamment le retrait des Forces de défense rwandaises (RDF) du territoire congolais, la cessation de tout soutien à l’AFC-M23 et la fin de l’installation d’administrations parallèles dans les zones occupées.
Au cours de cette intervention, la diplomatie congolaise a dénoncé la poursuite des offensives dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, estimant qu’aucune préoccupation sécuritaire ne saurait justifier une atteinte à l’intégrité territoriale de la RDC. Kinshasa a ainsi appelé la communauté internationale à veiller au respect des décisions du Conseil de sécurité et à renforcer les mécanismes destinés à faire respecter les engagements pris.
Kinshasa réclame l’application de la résolution 2773
Au cœur du plaidoyer congolais figure l’application « intégrale et sans ambiguïté » de la résolution 2773 du Conseil de sécurité. La RDC demande notamment le retrait des forces rwandaises de son territoire, la fin de tout soutien au mouvement rebelle AFC-M23 et l’arrêt de la mise en place d’administrations parallèles dans les zones échappant au contrôle des autorités congolaises.
Kinshasa a également réaffirmé son engagement à neutraliser les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), notamment à travers des programmes de désarmement et de rapatriement. Le gouvernement congolais soutient toutefois que ce processus ne peut servir de condition préalable au respect de sa souveraineté et de son intégrité territoriale.
Renforcer la surveillance du cessez-le-feu et contrôler les armements
Pour garantir le respect du cessez-le-feu, la RDC préconise le renforcement des mécanismes de vérification sur le terrain, notamment le mécanisme de vérification conjoint renforcé, désigné MCVE+, avec l’appui de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO).
La diplomatie congolaise plaide également pour des sanctions ciblées contre les parties qui violeraient leurs engagements. Elle a notamment soulevé la question de l’approvisionnement en équipements militaires lourds et de l’utilisation croissante de drones dans la zone de conflit, appelant à davantage de transparence sur la circulation des armes.
Pour Kinshasa, le renforcement de ces dispositifs doit permettre de mieux documenter les violations, d’identifier les responsables et de favoriser le respect des engagements sécuritaires.
Le trafic des minerais dénoncé comme moteur du conflit
La RDC a également dénoncé le rôle de l’exploitation illicite des ressources naturelles dans la prolongation de l’instabilité dans l’Est. La diplomatie congolaise considère l’« économie de guerre » comme l’un des facteurs qui alimentent les groupes armés et entretiennent les violences.
Lire aussi : Est de la RDC : devant l’ONU, James Swan fait le point sur les processus de paix
S’appuyant sur les rapports des experts des Nations unies, le représentant congolais a notamment évoqué l’exploitation illicite du coltan et d’autres minerais stratégiques autour du gisement de Rubaya, dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu.
Face à cette situation, Kinshasa réclame une traçabilité renforcée des chaînes d’approvisionnement en minerais ainsi que des mesures plus strictes contre la contrebande transfrontalière. L’objectif est de limiter les revenus tirés de l’exploitation illégale des ressources naturelles et de réduire leur contribution au financement des groupes armés.
Les processus de paix attendus sur le terrain
Malgré sa participation aux processus de paix de Washington et de Doha, ainsi qu’aux initiatives de médiation conduites par l’Union africaine, la RDC estime que les efforts diplomatiques doivent désormais produire des résultats tangibles pour les populations affectées par le conflit.
Kinshasa appelle également à redynamiser l’Accord-cadre d’Addis-Abeba afin de s’attaquer aux causes profondes de la crise dans la région des Grands Lacs et de renforcer les engagements régionaux en faveur de la paix.
Pour les autorités congolaises, la réussite des négociations ne peut se mesurer uniquement à la signature d’accords ou à la multiplication des déclarations, mais doit se traduire par une amélioration effective de la sécurité sur le terrain.
Les civils toujours exposés aux conséquences du conflit
La poursuite des hostilités dans l’Est continue d’entraîner des déplacements de population, d’aggraver l’insécurité alimentaire et de compliquer l’acheminement de l’aide humanitaire. Les femmes et les enfants figurent parmi les catégories les plus exposées aux conséquences des violences.
Dans son intervention, la RDC a rappelé que la protection des civils reste indissociable du rétablissement de l’autorité de l’État dans les zones affectées par le conflit.
Kinshasa appelle ainsi le Conseil de sécurité et les partenaires internationaux à transformer leurs engagements en actions concrètes, afin de contribuer au respect de la souveraineté congolaise, à la protection des populations et à une résolution durable de la crise dans l’est de la RDC.
