À Goma, l’accès à l’eau reste une préoccupation pour de nombreux ménages. À l’occasion de la Semaine mondiale de l’eau, plusieurs habitants décrivent les difficultés liées à l’irrégularité de la desserte, à la faible pression dans les conduites et au coût élevé de l’eau traitée.

Face aux pénuries, certains ménages se tournent vers des sources alternatives. Dorcas, habitante de Goma, explique que sa famille se rend notamment à la plage pour s’approvisionner en eau, profitant de la proximité du lac avec son domicile.

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Pour l’eau destinée à la consommation, elle indique que sa famille procède à une filtration. En revanche, l’eau utilisée pour certains travaux ménagers n’est pas systématiquement filtrée.

Mais cette solution reste difficilement accessible aux familles nombreuses. Dorcas, qui vit dans un ménage de douze personnes, estime que l’achat quotidien d’eau traitée représente une dépense importante.

« Chez nous, nous sommes douze. Acheter cette eau chaque jour représente beaucoup de dépenses », explique-t-elle.

Elle demande ainsi à la Régie de distribution d’eau de communiquer clairement sur les horaires de desserte afin de permettre aux ménages de mieux anticiper les périodes de pénurie.

Des sources alternatives jugées parfois peu rassurantes

Lucien, un autre habitant, considère également la pénurie comme un problème sérieux. Selon lui, le manque d’eau pousse certains habitants à recourir à l’eau provenant des tanks, dont les conditions de traitement ne rassurent pas toujours les consommateurs.

Il reconnaît l’importance de l’eau traitée vendue en bouteille, mais déplore son prix qu’il juge élevé. Il appelle les acteurs du secteur à revoir leurs tarifs afin de rendre cette eau plus accessible, notamment aux ménages disposant de faibles revenus.

Un autre habitant, qui a requis l’anonymat, estime que la situation s’est davantage aggravée avec la sécheresse. Il évoque une desserte moins fréquente ainsi qu’une faible pression de l’eau.

Cette situation affecte notamment les activités domestiques.

« Avant, nous avions l’habitude de faire la lessive trois fois par semaine. Depuis cette pénurie, nous ne la faisons plus qu’une seule fois », témoigne-t-il.

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Il souhaite que la Régideso renforce sa communication avec les habitants lors des perturbations de la desserte et améliore les infrastructures et les équipements de distribution afin de renforcer la pression dans les conduites.

Le coût de l’eau au cœur des préoccupations

Pour Innocent, la pénurie contraint également plusieurs habitants à acheter de l’eau en bouteille. Il appelle, lui aussi, les vendeurs et les personnes chargées du traitement de l’eau à revoir leurs prix afin de faciliter l’accès des familles à faibles revenus à cette ressource.

Ces témoignages recueillis à Goma mettent ainsi en évidence plusieurs difficultés : irrégularité de la desserte, faible pression, recours à des sources alternatives et coût élevé de l’eau traitée.

Alors que la Semaine mondiale de l’eau rappelle l’importance de cette ressource pour les populations, les habitants de Goma appellent les responsables du secteur à renforcer l’approvisionnement, améliorer les infrastructures et mieux informer la population sur les perturbations de la desserte.

Pour ces ménages, l’enjeu reste le même : disposer d’une eau de qualité, régulièrement disponible et financièrement accessible.

Maria Yossa

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