Le Prix Nobel de la paix 2018, le Dr. Denis Mukwege, a fermement condamné les attaques simultanées attribuées aux rebelles des Allied Democratic Forces (ADF), perpétrées dans la nuit du samedi 31 mai 2026 à Ngadi et Vemba, dans le territoire de Beni, au Nord-Kivu. Selon un bilan provisoire, au moins 16 personnes ont été tuées lors de ces violences.

Dans une déclaration rendue publique mardi 2 juin 2026 et consultée par La Prunelle RDC, le gynécologue de Panzi exprime sa compassion envers les populations affectées par cette nouvelle tragédie sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo.

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« Je présente mes condoléances et mon soutien indéfectible aux populations prises en otage entre la violence armée, la famine et la propagation du virus Ebola », déclare Denis Mukwege.

Le médecin congolais dénonce particulièrement les massacres visant les membres de la communauté autochtone pygmée, qu’il considère comme « les gardiens de notre identité et de nos forêts primaires ».

Selon lui, ces crimes commis dans une région « où l’Est du pays saigne dans un chaos organisé » constituent non seulement une atteinte à la mémoire collective et à la diversité culturelle congolaise, mais également des crimes contre l’humanité.

« Les massacres ciblant délibérément les membres du peuple autochtone pygmée (…) sont non seulement des crimes contre notre mémoire et contre notre diversité fondatrice, mais des crimes contre l’humanité », insiste-t-il.

Denis Mukwege affirme également dénoncer « avec force » ce qu’il qualifie de projet méthodique d’épuration identitaire et d’intolérance religieuse mené depuis plusieurs années par les ADF. Selon lui, ces attaques ciblent principalement les ethnies originaires de Beni, de ses environs et de l’Ituri, ainsi que les communautés chrétiennes.

Pour le Prix Nobel de la paix, ces violences s’inscrivent dans une logique d’anéantissement systématique observée depuis les guerres du Congo déclenchées à partir de 1996.

« Ces techniques d’extermination s’inscrivent dans les logiques d’anéantissement généralisées et systématiques depuis la première et la deuxième guerre du Congo jusqu’à nos jours : semer la terreur, humilier les communautés et les chasser loin de leurs terres riches en ressources stratégiques au profit de réseaux prédateurs », regrette-t-il.

Dans sa déclaration, Denis Mukwege appelle également la communauté internationale à mettre fin au « deux poids, deux mesures » dans le traitement des crimes commis en République démocratique du Congo.

« Il est plus que temps pour la communauté internationale de rompre avec la solidarité à géométrie variable lorsqu’il s’agit des crimes imprescriptibles commis en RDC, qui ne peuvent demeurer impunis », souligne-t-il.

Enfin, le Dr Mukwege exhorte les autorités congolaises à sortir de ce qu’il qualifie de « compassion hypocrite », qu’il estime proche de la complicité, et à prendre pleinement la mesure de la souffrance vécue par les populations de l’Est du pays.

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« Nous exhortons les autorités congolaises à sortir d’une compassion hypocrite qui confine à la complicité, et à sortir de la léthargie qui les déconnecte de manière déconcertante des réalités vécues par nos compatriotes à 2 000 kilomètres de Kinshasa », conclut-il.

Ces nouvelles attaques relancent les inquiétudes sur la persistance de l’insécurité dans le territoire de Beni, régulièrement endeuillé par des massacres attribués aux ADF malgré les opérations militaires en cours dans la région.

Séraphin Mapenzi

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