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Le Gouvernement de la République Démocratique du Congo tente de calmer la tension à Goma, quelques jours après le carnage contre des civils non armés alors qu’une secte, les « Wazalendo » avait appelé à manifester contre la MONUSCO le 30 août dernier. Sur place, des officiers de l’armée et de la Police sont suspendus ou mis à la disposition de la justice alors que le Gouverneur militaire a été suspendu. Mais pour des nombreux activistes, ce n’est pas suffisant.

Le Gouverneur militaire du Nord-Kivu rappelé à Kinshasa pour « consultation » ou encore deux officiers supérieurs de la Police Nationale Congolaise suspendus et rappelés à Kinshasa. C’est entre autres mesures annoncées par le Gouvernement congolais ce lundi dans la soirée alors que Goma continue de pleurer au moins 43 civils non armés tués par des policiers et militaires venus faire appliquer la mesure d’interdiction d’une manifestation pacifique de la secte « Wazalendo » contre la Mission de l’ONU en RDC, la MONUSCO.

Décrisper la situation

A Goma, une ville frondeuse, la situation est toujours tendue. Des activistes multiplient des appels à manifester contre les autorités de l’état de siège accusées d’être les principaux organisateurs d’un carnage qui aurait pu être évité

Les quatre ministres présents ne pouvaient pas manquer de multiplier des gestes d’apaisement avant, peut-être des mesures plus fortes.

« Le rappel à Kinshasa du Gouverneur Militaire de la Province du Nord-Kivu pour consultation. La suspension de deux officiers supérieurs de la Police Nationale Congolaise et leur rappel à Kinshasa. Il s’agit du Commissaire Supérieur Principal Bongo Wifema José, Commandant en charge des Opérations de la ville Goma, et du Commissaire Supérieur Luna Kimanga Martin, Commandant en charge des Renseignements dans la ville de Goma », annonce le Porte-parole du Gouvernement, déjà précédé par le Ministre de l’Intérieur.

Lire aussi: Carnage de Goma : Constant Ndima rappelé à Kinshasa

Des mesures prises notamment après l’arrivée d’une commission Interministérielle instituée le 1er septembre 2023 par le Président de la République. Sur place, la délégation composée par 4 ministres du gouvernement central, s’est entretenue avec diverses forces vives et a auditionné les différentes autorités civiles et militaires de la Province du Nord-Kivu du 03 au 04 septembre 2023.

Déjà la veille, deux officiers supérieurs des FARDC avaient été mis à la disposition de la Justice pour répondre de leurs actes.

L’autre mesure annoncée par le gouvernement, c’est la prise en charge des obsèques des victimes par le Gouvernement y compris celles de l’agent de Police Principal Kipapa Safari « sauvagement abattu par les membres de la secte ».

Aussi, le gouvernement a décidé de la prise en charge des soins des blessés de Goma par la Province du Nord-Kivu, la libération de Monsieur Kabanza Mugabo Josué, militant d’un mouvement citoyen interpellé le lendemain des manifestations.

La délégation a décidé également de l’identification et la fermeture de toutes les églises non en règle avec la Loi.

Le Gouvernement réitère son invitation aux familles des victimes d’entrer en contact avec l’Auditeur Militaire Supérieur de la Province du Nord-Kivu, afin de dénoncer d’autres faits infractionnels non connus à ce jour.

Pas suffisant

Mais dans le chef des habitants, les mesures ne sont pas encore à la mesure du drame vécu dans la capitale du Nord-Kivu. Des activistes réclament toujours la tête du Gouverneur militaire et du Maire de la ville volcanique. C’est à l’instar de Ghislain Muhiwa.

« Les mesures prises par la délégation gouvernementale sont totalement insuffisantes. Elle s’est laissée trompée et emportée par la version des autorités provinciales qui ne pouvaient pas s’accuser ! Nous réitérons notre appel à l’arrestation immédiate du Gouverneur militaire Constant Ndima et le Maire de la ville Faustin Kapend qui sont les commanditaires principaux du massacre d’une centaine des civiles dans la ville de Goma », dit-il fermement.

Lire aussi: Carnage de Goma : des responsables militaires arrêtés et déférés devant la justice

Comme lui, des nombreux habitants de Goma veulent en profiter pour dénoncer encore une fois le maintien du régime d’exception qui est l’état de siège dans le Nord-Kivu et l’Ituri alors que les résultats ne suivent pas. En attendant, Ghislain Muhiwa est formel : « Félix Tshisekedi sera tenu responsable de ce massacre s’il continue à gérer cette question avec légèreté. Il doit prendre de mesures fortes et non manipulatrices ».

Pour l’instant, les yeux sont fixés sur les enquêtes annoncées et les mesures qui pourraient être prises au « plus haut niveau ».  En attendant, la pression se maintient sur le régime Tshisekedi pour que la lumière soit connue dans ce dossier qui vient jeter un énième doute sur le professionnalisme de certaines unités des Forces armées de la RDC.

Jean-Luc M.
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3 commentaires

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