Au moins 18 personnes ont été tuées lors d’une attaque armée attribuée aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) dans la nuit du mardi 2 au mercredi 3 juin 2026 à Mbau, dans le territoire de Beni au Nord-Kivu.
Selon un bilan provisoire communiqué à La Prunelle RDC par Isaac Kabalami, président de la société civile d’Oïcha, les assaillants ont lancé leur offensive vers 23 heures alors que les habitants dormaient.
D’après cette source, les hommes armés ont mené plusieurs attaques simultanées afin de disperser les forces de sécurité et semer la panique dans la population.
« Ils ont assuré trois attaques simultanées au même moment pour dissuader nos services de sécurité », explique Isaac Kabalami.
Les assaillants auraient particulièrement ciblé la zone de Matete, située à l’entrée de la route Mbau-Kamango, près d’une école primaire de la localité de Kelekele.
Au cours de cette attaque, plusieurs habitants ont fui leurs domiciles pour se réfugier dans des quartiers considérés comme plus sécurisés.
Outre les pertes en vies humaines, d’importants dégâts matériels ont également été enregistrés. Des maisons, des motos et plusieurs biens de valeur ont été incendiés. Certaines personnes restent également portées disparues.
« Le bilan s’alourdit mais la fuite continue », affirme le président de la société civile d’Oïcha.
Très critique envers les autorités, Isaac Kabalami estime que la répétition de ces massacres discrédite les institutions chargées de protéger les civils.
« Cette attitude et cette façon de faire des ADF nous discrédite et cela donne honte à tout un gouvernement », déplore-t-il.
Il regrette également le manque d’équipements adaptés au sein des Forces armées de la RDC pour faire face à des groupes armés opérant dans des zones difficiles d’accès.
« Jusqu’ici notre armée n’est pas capable d’assurer la sécurité des paisibles citoyens », ajoute-t-il.
Face à cette nouvelle attaque, la société civile dénonce ce qu’elle considère comme un silence des autorités nationales devant les violences répétées qui frappent les populations civiles dans la région de Beni.
« Les pertes en vies humaines, les gens tués d’une manière atroce, c’est très compliqué. Nous avons beaucoup parlé mais rien ne change », insiste Isaac Kabalami.
La société civile appelle enfin le gouvernement congolais à assumer pleinement ses responsabilités sécuritaires et invite la population à rester vigilante dans cette partie du Nord-Kivu régulièrement touchée par les attaques des ADF.
Divine Busime et Edgard Kabindi
