De nouveaux affrontements entre les combattants du M23 et les Wazalendo, appuyés par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), ont éclaté jeudi 5 novembre 2026, à partir de 8 heures, dans la chefferie de Luindi, en territoire de Mwenga, au Sud-Kivu. Les combats ont provoqué un déplacement massif des habitants de Kasika, Misela et Kalama vers des localités jugées plus sûres, notamment Chowe, Tubimbi et Mwenga-centre.
Selon des sources locales contactées ce vendredi 6 novembre, les affrontements ont opposé les forces gouvernementales et leurs alliés Wazalendo aux éléments du M23, également désigné sous l’appellation FRN-M23. Les premières détonations entendues à Kasika ont rapidement provoqué la panique dans les villages environnants.
Plusieurs familles ont alors abandonné leurs habitations et leurs biens pour fuir les combats. Certains habitants se sont dirigés vers Chowe et Tubimbi, tandis que d’autres ont pris la route de Mwenga-centre.
« Certains se sont déplacés vers Chowe, Tubimbi et d’autres vers la route de Mwenga-centre », rapporte une source locale. Elle précise que les personnes qui n’avaient pas pu partir jeudi ont également fui tôt vendredi matin, certaines se réfugiant dans la forêt.
Même si une accalmie précaire était observée vendredi, la situation restait tendue. Les habitants craignent une reprise des hostilités, notamment en raison de la présence et de l’utilisation d’armes lourdes et légères.
« Des tirs à l’arme lourde et légère, des bombes, peuvent recommencer à tout moment », prévient la même source, qui déplore la fréquence des affrontements entre les Wazalendo et les combattants du M23 dans la chefferie de Luindi.
Cette nouvelle flambée de violence expose davantage les populations civiles, notamment les femmes, les enfants et les personnes âgées. Elle perturbe également les activités socio-économiques et la scolarité des élèves, tandis que l’abandon des champs fait craindre une aggravation de l’insécurité alimentaire pour les ménages déplacés.
Au-delà de l’urgence humanitaire, ces violences ravivent le traumatisme d’une population marquée par plusieurs décennies de conflits. Vingt-huit ans après les massacres de Kasika, les habitants de cette partie du territoire de Mwenga continuent de subir les conséquences de l’insécurité.
« Cette population plaide pour le rétablissement de la paix », insiste la source locale, qui déplore que les habitants soient une nouvelle fois contraints de fuir leurs villages.
Alors que les déplacements se poursuivent vers les centres urbains et les zones considérées comme plus sûres, aucune réaction officielle des autorités politico-administratives et militaires provinciales du Sud-Kivu n’était encore signalée au moment de la rédaction de cet article.
