La riposte contre l’épidémie de choléra au Sud-Kivu est fragilisée par le retrait de certains partenaires humanitaires à Bukavu, sur fond de dégradation de la situation sécuritaire et de manque de financement. Dans son rapport sur la situation humanitaire et épidémiologique, daté du 19 octobre 2026, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) appelle à une mobilisation urgente de ressources pour renforcer la prise en charge des malades et prévenir de nouvelles infections.
Selon ce rapport, le choléra demeure une préoccupation majeure dans la province, où plusieurs zones de santé continuent de signaler des cas. Du 20 au 26 septembre 2026, le Sud-Kivu a enregistré 972 cas suspects et 15 décès, contre 918 cas suspects et 15 décès au cours de la semaine précédente.
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Au 30 septembre, la Division provinciale de la santé (DPS), citée par OCHA, avait notifié un cumul de 14.115 cas suspects et 245 décès, soit un taux de létalité de 1,7 %.
« Au moins 21 zones de santé ont rapporté des cas suspects, notamment à Bukavu, Shabunda, Mulungu, Minova, Fizi, Kalehe et Mwenga », indique OCHA.
Des difficultés dans la prise en charge des malades à Bukavu
La situation est particulièrement préoccupante à Bukavu, où le retrait de certains partenaires, faute de financement, affecte les capacités de riposte contre l’épidémie.
OCHA signale également des difficultés d’approvisionnement en eau au centre de traitement du choléra Saint-Mathieu, qui aurait été privé d’eau pendant plus de quatre jours. Cette situation a compromis les conditions d’hygiène et la prise en charge des patients.
Face à ces difficultés, l’organisation souligne la nécessité de mobiliser rapidement des financements, d’assurer un approvisionnement continu en eau des structures de soins et de renforcer les activités de prévention et de prise en charge dans les zones les plus touchées.
Les populations vulnérables parmi les priorités
Les partenaires humanitaires appellent également à renforcer la coordination entre les secteurs de la santé, de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement afin de combler les lacunes de la riposte, notamment en matière d’accès à l’eau potable.
Une attention particulière est recommandée pour les populations vulnérables de Kabare, Shabunda, des Hauts-Plateaux de Fizi, d’Uvira et de Mwenga, où les besoins humanitaires restent importants.
Pour OCHA, le renforcement de l’assistance et la mobilisation de nouveaux partenaires sont essentiels afin de soutenir les structures de santé, d’améliorer les conditions d’hygiène et de limiter la propagation de l’épidémie au Sud-Kivu.
