L’Association des femmes des médias (AFEM) a organisé, mercredi 21 octobre 2026, à Bukavu, au Sud-Kivu, la sixième édition de la Foire des femmes des médias, consacrée au rôle des femmes journalistes dans la promotion de l’égalité de genre. Cette activité a mis en lumière les défis auxquels elles sont confrontées, notamment les discriminations, les stéréotypes socioculturels et les violences en ligne, tout en valorisant leurs compétences et leurs productions journalistiques.

    Placée sous le thème du rôle des femmes des médias dans la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes, cette édition s’inscrit dans le cadre du projet « Médias inclusifs et sensibles au genre pour la promotion de la paix et de la gouvernance démocratique au Sud-Kivu ».

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    Pour Caddy Adzuba, présidente du conseil d’administration de l’AFEM, cette foire constitue une occasion de mettre en évidence les pressions sociales et les violences basées sur le genre auxquelles les femmes des médias sont confrontées, mais aussi de présenter leurs efforts et leur potentiel à travers l’exposition de leurs réalisations.

    Elle a rappelé que la promotion des droits des femmes ne consiste pas à opposer les femmes aux hommes, mais à garantir le respect des droits et de la dignité humaine.

    « Nous ne cherchons pas à montrer aux femmes qu’elles doivent détrôner les hommes ou leur manquer de respect. Plutôt, nous militons pour le respect de leurs droits et, à leur tour, elles doivent se battre pour mériter ce qu’elles veulent », a-t-elle souligné.

    Renforcer la place des femmes dans les médias

    Le directeur de la Direction du développement et de la coopération (DDC) à Bukavu a salué l’initiative de l’AFEM et plaidé pour le renforcement de l’approche genre dans les contenus médiatiques afin de favoriser l’inclusion sociale.

    Selon lui, les médias constituent des vecteurs de changement au sein des communautés et doivent collaborer avec les organisations de la société civile pour identifier les inégalités et contribuer à leur réduction.

    « Nous sommes convaincus du grand potentiel de la femme journaliste à Bukavu, et c’est par sa mobilisation qu’il y aura un changement positif », a-t-il déclaré.

    Au cours de l’activité, les résultats du monitoring réalisé par le bureau de recherche de l’AFEM ont été présentés. Cette analyse vise notamment à suivre l’évolution de la présence des femmes dans les médias et leur accès aux postes de prise de décision.

    Selon les données présentées, en 2022, les femmes occupaient 28,5 % des postes de rédacteur en chef au sein des médias étudiés.

    Déconstruire les stéréotypes et prévenir les violences

    Les échanges ont également porté sur les moyens de lutter contre les stéréotypes et les obstacles qui limitent la participation des femmes dans le secteur médiatique.

    Agnès Sadiki, l’une des panélistes, a insisté sur la nécessité d’une prise de conscience collective, notamment à travers l’éducation des enfants. Elle a encouragé les femmes journalistes à dépasser leur statut de victimes de discriminations pour devenir des actrices du changement dans leurs communautés.

    Selon elle, le micro, la plume et la caméra constituent des outils essentiels pour sensibiliser la population, faire évoluer les mentalités et promouvoir de bonnes pratiques.

    De son côté, Jolly Kamuntu a souligné que la promotion d’un journalisme sensible au genre devait commencer au sein même des médias, à travers des productions qui déconstruisent les stéréotypes et encouragent l’égalité entre les femmes et les hommes.

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    Raissa Kasongo est revenue sur la responsabilité des médias dans la prévention des violences basées sur le genre (VBG). Elle a rappelé que leur rôle ne doit pas se limiter au traitement des faits, mais doit également inclure la sensibilisation aux conséquences des violences, la protection des victimes et la promotion de la masculinité positive.

    Les violences en ligne, un défi pour les femmes journalistes

    La question des violences numériques visant les femmes des médias a également occupé une place importante dans les discussions.

    Clémence Nzita, chercheuse à l’Université catholique de Bukavu, a recommandé aux femmes journalistes victimes de violences en ligne de ne pas réagir immédiatement, de documenter les faits et de rechercher un accompagnement adapté.

    « La visibilité en ligne est devenue aujourd’hui une vulnérabilité pour les femmes des médias, or se cacher n’est pas une solution à l’ère actuelle », a-t-elle insisté.

    La sixième édition de la Foire des femmes des médias s’est clôturée par une visite des stands d’exposition, où différents médias ont présenté leurs activités et leurs réalisations.

    À travers cette initiative, l’AFEM entend renforcer la visibilité de l’expertise des femmes des médias, valoriser leurs productions journalistiques et favoriser leur accès aux postes de responsabilité et aux instances de prise de décision.

    Brigitte Furaha

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