Depuis décembre 2024, l’Organisation des droits de l’homme (ODH) met gratuitement à la disposition des jeunes deux centres informatiques installés à Bukavu et à Minova, dans le Sud-Kivu. L’initiative vise à renforcer leurs compétences numériques et à améliorer leur accès aux opportunités d’emploi dans un marché du travail de plus en plus marqué par la transformation numérique.

Les deux centres proposent des formations en informatique, en outils numériques et une initiation aux métiers du digital. Le programme, initialement destiné aux jeunes déplacés internes de Minova et de Kalehe, a progressivement été ouvert à l’ensemble des jeunes, sans distinction, en raison de la forte demande enregistrée au sein de la communauté.

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Selon Jean-Antoine Cherubala, responsable du bureau de l’ODH au Sud-Kivu, l’initiative est née d’une demande directement exprimée par les jeunes.

« Ce sont les jeunes eux-mêmes qui ont choisi qu’il y ait des formations en informatique ou une initiation aux métiers du digital. C’est comme ça que le centre a vu le jour depuis décembre 2024. »

Depuis le lancement du programme, neuf cohortes ont déjà bénéficié des formations, indique-t-il.

Un programme initialement destiné aux jeunes déplacés

Le projet avait été conçu au départ pour répondre aux besoins des jeunes déplacés internes de Minova et de Kalehe. Cependant, les difficultés d’accès à Kalehe liées au contexte sécuritaire ont conduit à l’installation d’un centre à Bukavu, tandis que celui de Minova a été maintenu.

L’installation et les premiers mois de fonctionnement des deux centres ont été financés par l’UNICEF. L’ODH a ensuite poursuivi leur fonctionnement grâce à ses ressources locales.

Pour Jean-Antoine Cherubala, l’objectif est de permettre aux jeunes de mieux répondre aux exigences du marché du travail.

« L’objectif principal, c’est de préparer les jeunes à être compétitifs sur le marché de l’emploi. Nous sommes dans un monde en transition numérique où beaucoup de choses se font aujourd’hui via le digital. »

Il relève notamment que les offres d’emploi sont de plus en plus publiées sur Internet, alors que certains jeunes ne disposent pas encore des compétences numériques nécessaires pour rechercher ces opportunités ou y postuler.

« Nous leur donnons tout le bagage qu’il faut pour être compétitifs dans le monde de l’emploi », explique-t-il.

Une formation gratuite et accessible

Les deux centres accueillent aujourd’hui aussi bien les jeunes déplacés que ceux issus des communautés locales.

« Toute personne qui désire apprendre l’informatique est la bienvenue. Tous les jeunes viennent et ils apprennent gratuitement. Personne ne débourse un seul franc pour apprendre », souligne Jean-Antoine Cherubala.

Chaque apprenant dispose notamment d’un ordinateur portable et d’un espace équipé pour suivre les enseignements dans de bonnes conditions.

Au lancement du programme, deux vacations étaient organisées quotidiennement afin d’accueillir davantage de participants. Le centre reçoit en moyenne 40 jeunes par cohorte, soit environ 20 pour la vacation du matin et 20 pour celle de l’après-midi.

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Les formations sont organisées du lundi au vendredi et s’étendent sur une période pouvant aller jusqu’à 40 jours ouvrables.

De l’informatique de base à l’intelligence artificielle

Le programme comprend deux principaux volets : l’initiation à l’informatique et l’initiation aux outils numériques.

Les apprenants sont notamment formés à l’utilisation générale de l’ordinateur, à Microsoft Word, Excel et PowerPoint, aux systèmes d’exploitation Windows ainsi qu’à l’utilisation d’Internet. Des notions d’Excel avancé sont également abordées.

Le deuxième volet porte sur différents outils numériques. Les participants découvrent notamment Canva pour la conception graphique, l’intelligence artificielle ainsi que des outils de communication à distance comme Zoom. Un outil utilisé par l’UNICEF est également intégré au programme.

Mugisho Crispin, gestionnaire du centre informatique et formateur, explique que plusieurs formateurs interviennent dans les différents modules, notamment ceux consacrés à l’initiation numérique.

« Les formations sont organisées durant 40 jours maximum, 40 jours ouvrables. Nous organisons les formations du lundi au vendredi. »

Selon lui, cette formation répond à une exigence devenue importante dans le monde professionnel.

« Dans les offres, on exige toujours aux jeunes d’avoir des compétences en informatique. Pour aider les jeunes à être compétitifs dans le monde professionnel, on a jugé bon de mettre ce centre à leur disposition. »

Il précise que l’initiative s’inscrit dans le cadre du projet SBC, mis en œuvre avec l’appui de l’UNICEF.

Une attention particulière à la participation des jeunes femmes

La formation est ouverte aussi bien aux filles qu’aux garçons. Les responsables du programme affirment toutefois accorder une attention particulière à la participation des jeunes femmes.

« Oui, les filles et les garçons, mais nous privilégions toujours les filles », précise Mugisho Crispin.

L’inscription se fait en ligne. Un formulaire est diffusé dans différents groupes afin de permettre aux jeunes intéressés de manifester leur volonté de participer. Les candidats retenus sont ensuite contactés et invités à confirmer leur participation auprès de l’ODH.

Des bénéficiaires témoignent

Parmi les bénéficiaires figure Marceline, étudiante à l’Université officielle de Bukavu (UOB) en management de santé. Elle dit avoir rejoint le centre pour renforcer ses compétences numériques et mieux se préparer à son avenir professionnel.

« J’ai vu que la formation ici est vraiment bénéfique. C’est pourquoi je me suis dit de venir apprendre ici. Ça peut m’aider dans mes études, mais aussi dans ma vie professionnelle quand j’aurai fini l’UOB. »

Elle souhaite que le programme puisse se poursuivre afin que d’autres jeunes puissent à leur tour accéder à ces formations.

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Masumoko Samuel Samy, autre participant, affirme avoir déjà acquis de nouvelles connaissances après environ deux semaines de formation, notamment sur les logiciels de la suite Microsoft et sur Excel.

« Il y a des choses nouvelles par rapport à ce que j’ai peut-être étudié à l’université. Il y a beaucoup d’améliorations grâce à cette formation. »

Il estime que ces compétences pourront lui être utiles dans sa future carrière.

« Quand je serai, par exemple, dans le milieu du travail, je compte que je vais m’en sortir. »

Pour lui, les connaissances acquises à l’université constituent une base que la formation pratique du centre vient compléter en renforçant sa maîtrise des outils informatiques.

Un autre bénéficiaire, qui était encore élève l’année précédente et a obtenu son baccalauréat cette année, témoigne également de l’évolution de ses compétences.

Il compare les enseignements reçus dans le secondaire à l’approche davantage pratique proposée par le centre de l’ODH.

« Je peux dire que j’étais nul à l’informatique, surtout au niveau du clavier. Je ne savais même pas rédiger une lettre, mais grâce à l’ODH, je m’en sors. »

Il se dit reconnaissant envers les responsables du centre et encourage la poursuite du programme afin que d’autres jeunes puissent également en bénéficier.

Donner aux jeunes des compétences adaptées au marché de l’emploi

Avec ses deux centres de Bukavu et Minova, l’ODH poursuit ainsi une initiative née d’une demande exprimée par les jeunes eux-mêmes.

Initialement conçu pour les jeunes déplacés internes, le programme s’est progressivement ouvert à l’ensemble de la communauté. Sa particularité repose notamment sur la gratuité des formations, l’accès aux équipements informatiques et l’apprentissage de compétences allant de l’informatique de base aux outils numériques, en passant par la conception graphique et l’intelligence artificielle.

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À travers cette initiative, l’ODH entend ainsi contribuer au renforcement des capacités numériques des jeunes et à leur préparation aux exigences d’un environnement professionnel où les compétences informatiques occupent une place croissante.

Edith Kazamwali

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