À Goma, les acteurs humanitaires alertent sur les difficultés d’accès aux populations dans plusieurs zones du Nord-Kivu, en raison notamment de l’insécurité, du mauvais état des routes et de la réduction des financements.
La Journée mondiale de l’aide humanitaire, célébrée ce mercredi 19 août 2026, a été l’occasion pour plusieurs organisations de revenir sur les obstacles auxquels elles sont confrontées dans la mise en œuvre de leurs interventions.
Pour Jean de Dieu Akali, directeur exécutif de l’ONG Save People Need, l’insécurité et l’état des infrastructures routières rendent particulièrement difficiles les déplacements vers certaines zones. Cette situation est aggravée, selon lui, par la diminution des financements humanitaires alors que les besoins des populations restent importants.
Le responsable humanitaire alerte également sur les risques auxquels sont exposés les travailleurs humanitaires, notamment les enlèvements et les meurtres. Il appelle les autorités à renforcer leur protection afin de leur permettre de poursuivre leurs activités dans le respect des principes d’impartialité.
« Les bénéficiaires doivent pouvoir avoir confiance aux humanitaires, car nous travaillons dans toute impartialité dans l’exercice de notre fonction », insiste Jean de Dieu Akali.

Des zones difficiles à atteindre
Le même constat est fait par Jonas Habimana, directeur exécutif de l’ONG BIFIRD RDC et représentant du Laboratoire de la localisation de la RDC.
Il explique que certaines zones restent pratiquement difficiles d’accès en raison de la présence de groupes armés, obligeant les organisations humanitaires à travailler avec les mécanismes de coordination pour identifier des conditions permettant de sécuriser leurs déplacements et leurs interventions.
« Nous sommes confrontés à plusieurs obstacles d’accès, surtout dans les zones où il y a des groupes armés qui pullulent », souligne Jonas Abimana.
Il relève notamment le rôle des mécanismes de coordination humanitaire, dont OCHA, dans les échanges avec les autorités et les différents acteurs afin de faciliter l’accès aux populations.
Pour lui, la protection doit cependant concerner à la fois les travailleurs humanitaires et les communautés bénéficiaires.
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« En parlant de protection dans l’action humanitaire, la protection doit commencer par nous, les acteurs en première ligne, mais aussi par les communautés bénéficiaires de notre intervention humanitaire », estime-t-il.
Dans le Nord-Kivu, l’accès humanitaire demeure ainsi un enjeu majeur. Insécurité, difficultés logistiques, infrastructures dégradées et baisse des financements obligent les organisations à adapter constamment leurs interventions pour continuer à atteindre les populations les plus vulnérables.
