Le refus des billets de banque détériorés est devenu une source majeure de préoccupation dans le groupement de Kalonge, en territoire de Kalehe, au Sud-Kivu. Depuis plusieurs mois, cette pratique s’est installée dans les marchés, boutiques et petits commerces, perturbant fortement les échanges commerciaux et le quotidien de milliers d’habitants. Des billets pourtant toujours reconnus comme moyens de paiement sont systématiquement rejetés en raison d’une déchirure, d’une tache, d’un coin abîmé ou d’autres signes d’usure.
Dans les principaux centres de négoce de Kalonge, de nombreux clients repartent désormais sans avoir pu acheter des denrées alimentaires ou d’autres produits de première nécessité, bien qu’ils disposent de l’argent nécessaire. Les billets communément appelés « billets blessés » sont refusés par un grand nombre de commerçants, compliquant les transactions et alimentant les frustrations au sein de la population.
Les habitants dénoncent une situation devenue intenable. Certains affirment passer plusieurs heures au marché avant de rentrer chez eux les mains vides, leurs billets ayant été rejetés. Cette réalité touche particulièrement les familles vivant dans les zones rurales, où il est pratiquement impossible d’échanger des billets usés contre de nouvelles coupures en raison de l’absence de services bancaires de proximité.
Les commerçants expliquent, de leur côté, qu’ils ne refusent pas ces billets par mauvaise volonté. Selon eux, lorsqu’ils se rendent dans les grands centres urbains pour s’approvisionner en marchandises, leurs fournisseurs refusent également les billets détériorés.
Craignant d’enregistrer des pertes financières, ils préfèrent à leur tour ne pas accepter ces coupures auprès de leurs clients. Cette situation crée un cercle vicieux dans lequel chaque acteur économique reporte le problème sur l’autre, au détriment de la population.
Cette difficulté monétaire intervient dans un contexte économique déjà fragilisé par les conflits armés qui affectent l’est de la République démocratique du Congo depuis plusieurs années.
Dans plusieurs localités du territoire de Kalehe, les services bancaires sont limités, voire inexistants. Cette absence d’infrastructures financières empêche les habitants de remplacer facilement les billets usés ou endommagés, les laissant sans solution face à cette crise.
À Kalonge, les conséquences se font ressentir dans plusieurs secteurs. Les petits commerçants enregistrent une baisse de leurs ventes, les agriculteurs éprouvent des difficultés à écouler leurs récoltes et les consommateurs peinent à se procurer les produits essentiels. Le ralentissement des échanges commerciaux risque ainsi d’aggraver davantage la précarité économique des ménages.
Plusieurs observateurs estiment que cette situation dépasse désormais le simple cadre commercial. Le refus systématique des billets détériorés provoque des incompréhensions, des disputes et parfois des altercations entre vendeurs et acheteurs sur les marchés. Cette méfiance grandissante fragilise davantage la cohésion sociale dans une région déjà confrontée à de multiples difficultés.
Face à cette réalité, le mouvement citoyen OBAPG RDC, noyau de Kalonge, tire la sonnette d’alarme. Dans une déclaration rendue publique, l’organisation appelle les autorités congolaises ainsi que les institutions compétentes à intervenir rapidement afin de mettre fin à cette situation qui pénalise la population. Elle estime qu’il est urgent de sensibiliser les citoyens sur la validité des billets légèrement détériorés et de garantir leur acceptation sur toute l’étendue du territoire national.
Le mouvement citoyen recommande également la mise en place de mécanismes permettant aux habitants des zones enclavées de remplacer facilement les billets usés. Une telle mesure contribuerait, selon lui, à fluidifier les échanges commerciaux et à restaurer la confiance dans la monnaie nationale. L’organisation rappelle qu’aucun citoyen ne devrait être privé de son pouvoir d’achat en raison de l’état physique d’un billet qui demeure officiellement reconnu comme moyen de paiement.
Selon Kayumbu Nabwishaza Noël, militant de l’OBAPG RDC, cette crise monétaire mérite une attention particulière des autorités.
Il estime que l’absence de solutions concrètes risque d’aggraver les difficultés économiques auxquelles les habitants de Kalonge sont déjà confrontés. Il plaide pour une vaste campagne de sensibilisation impliquant les autorités administratives, les opérateurs économiques, les institutions financières et la Banque centrale afin d’harmoniser les pratiques relatives à l’acceptation des billets.
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Au-delà de Kalonge, cette problématique est également observée dans plusieurs autres localités du Sud-Kivu, où les populations rencontrent les mêmes difficultés.
De nombreux citoyens espèrent que les autorités monétaires et le gouvernement prendront des mesures pour rétablir la confiance dans la circulation des billets de banque et garantir un meilleur accès aux services bancaires dans les zones rurales.
En attendant une réponse officielle, les habitants de Kalonge continuent de subir les conséquences de cette crise monétaire silencieuse. Pour beaucoup, posséder de l’argent ne suffit plus à satisfaire les besoins les plus élémentaires lorsque les billets sont systématiquement refusés. Les acteurs de la société civile appellent ainsi à une intervention rapide afin de protéger le pouvoir d’achat des citoyens, de faciliter les échanges commerciaux et de préserver la paix sociale dans cette partie du territoire de Kalehe.
